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Kabuya compare Kabila à Savimbi, Mboso salue les avertissements de Tshisekedi
La prise de direction du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter des réactions au sein de la majorité présidentielle. Augustin Kabuya évoque le précédent de l’ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi, tandis que Christophe Mboso estime que cette évolution confirme les mises en garde de Félix Tshisekedi sur l’implication présumée de son prédécesseur dans la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
La classe politique congolaise continue de réagir à l’annonce de la prise de direction du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila. À l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), les déclarations se succèdent pour dénoncer cette nouvelle orientation politico-militaire, présentée comme une confirmation des accusations formulées précédemment par le président Félix Tshisekedi contre son prédécesseur.
Face à la presse, mardi 13 octobre 2026, au siège du parti présidentiel, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a établi un parallèle entre la trajectoire de Joseph Kabila et celle de Jonas Savimbi, ancien chef de l’UNITA en Angola. Pour le responsable du parti présidentiel, l’ancien chef de l’État congolais prend le risque de connaître une issue comparable à celle du dirigeant rebelle angolais.
«Kabila finira comme Savimbi. À l’époque, Jonas Savimbi avait défié la communauté internationale. Aujourd’hui, Kabila l’a fait», a déclaré Augustin Kabuya, estimant que le contexte actuel pourrait conduire à une répétition de certains épisodes de l’histoire politique africaine. Poursuivant son analyse, le secrétaire général de l’UDPS a évoqué les rapports de force qui ont marqué l’histoire de l’Angola, mettant en parallèle la situation de Jonas Savimbi et celle de l’ancien président Eduardo dos Santos.
«Certains pensent que c’est un militaire et qu’il peut se permettre de faire tout ce qui lui semble bon. Quand on regarde aussi la situation du président Eduardo dos Santos (civil) et de Savimbi (militaire), l’histoire risque de se répéter encore cette fois-ci, ici chez nous l'obectt», a-t-il soutenu.
«Nous sommes rattrapés par l’histoire»
Pour Augustin Kabuya, l’annonce de Joseph Kabila à la tête du FRN ne constitue pas une surprise. Elle viendrait, selon lui, conforter les alertes lancées antérieurement par Félix Tshisekedi au sujet du rôle de l’ancien président dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
«Ce n’est pas une surprise. Le président Félix Tshisekedi l’avait déjà dit et certaines personnes ne voulaient pas croire en son message, mais aujourd’hui, nous sommes tous rattrapés par l’histoire», a-t-il affirmé.
Le numéro un de l’administration de l’UDPS interprète ainsi la prise de direction de cette nouvelle coalition comme une clarification du positionnement politique de Joseph Kabila.
«Aujourd’hui, Kabila a décidé de récupérer son poste», a-t-il ajouté, faisant allusion à la direction du mouvement politico-militaire.
Cette réaction intervient au lendemain de l’annonce de la création du FRN à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, une ville sous contrôle de l’AFC/M23. La nouvelle structure est présentée comme une coalition politico-militaire opposée au pouvoir de Félix Tshisekedi.
Selon les informations rendues publiques lors de son lancement, Joseph Kabila en assure la direction, tandis que Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa figurent parmi les vice-présidents. Sultani Makenga, chef militaire du M23, est également annoncé dans l’organigramme de cette coalition.
Des affrontements armés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les rebelles contrôlent plusieurs zones importantes, dont Goma et Bukavu. Les conséquences humanitaires du conflit et les initiatives diplomatiques en faveur d’un retour à la paix continuent de préoccuper les autorités congolaises et leurs partenaires.
Mboso voit les avertissements de Tshisekedi se confirmer
Dans la même journée, Christophe Mboso Nkodia Mpwanga a également réagi à cette évolution politique et sécuritaire. Aux côtés d’ Augustin Kabuya, le premier vice-président de l’Assemblée nationale a estimé que la prise de direction du FRN par Joseph Kabila confortait les avertissements formulés précédemment par le chef de l’État. «S’agissant des questions sécuritaires avec l’ancien chef de l’État qui devient rebelle, c’est une grande première dans l’histoire du monde et des pays africains. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le président Félix Tshisekedi est un prophète. Il avait prévenu auparavant et aujourd’hui, ça s’est réalisé», a déclaré Christophe Mboso.
Cette prise de position rejoint celle d’autres responsables de la majorité présidentielle, qui considèrent les derniers développements autour de Joseph Kabila comme un élément venant renforcer les accusations portées contre l’ancien chef de l’État.
Un retour sur la scène politique par les armes ?
Au-delà des réactions de l’UDPS, la prise de direction du FRN par Joseph Kabila relance les interrogations sur les perspectives de résolution de la crise dans l’Est de la RDC.
Après avoir dirigé le pays pendant dix-huit ans, de 2001 à 2019, l’ancien président revient au centre de l’actualité dans un contexte marqué par une confrontation entre les autorités de Kinshasa et les groupes armés opérant dans l’Est. Son positionnement ravive également les comparaisons avec les précédentes rébellions soutenues de l’extérieur, notamment l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui avait conduit Laurent-Désiré Kabila au pouvoir en 1997, avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda.
Toutefois, les contextes politiques et militaires ne sont pas identiques. La situation actuelle se caractérise notamment par les efforts diplomatiques engagés pour mettre fin aux hostilités, les tensions régionales persistantes et les divergences entre Kinshasa et Kigali.
Pour Augustin Kabuya, Joseph Kabila prend désormais le risque d’une confrontation dont l’issue reste incertaine.
«Kabila s’entête et défie la communauté internationale. Voyons ce que l’avenir nous réserve», a conclu le secrétaire général de l’UDPS.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO