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Le poste de péage de Kasangulu présente un visage odieux
Le poste de péage de Kasangulu, province du Kongo central, encaisse des recettes très importantes qui peuvent être chiffrées à plusieurs millions de dollars américains. Malheureusement, à voir le tableau que présente cette infrastructure, l'on est déçu et même révolté. L'environnement est malsain. Des toilettes sont dans un état insalubre au point où les passagers qui veulent satisfaire leur besoin physiologique, préfèrent entrer dans la brousse pour ne pas prendre le risque d'attraper des infections en utilisant ces toilettes.
En principe, les gestionnaires de cet ouvrage auraient dû construire des bâtiments modernes tout autour pour servir de restaurant, de chambres de passage pour les voyageurs qui aimeraient y passer la nuit avant de poursuivre leur voyage. En tout cas, le tableau qu'offre ce péage est tout le contraire par rapport aux recettes fabuleuses qu'il génère.
Cette situation remet au grand jour la question du fonctionnement de cet outil. C'est depuis février 2006 que le péage a été installé à Kasangulu, mais les citoyens lambda ne constatent aucun résultat palpable. La Nationale numéro 1 qui aurait dû être le grand bénéficiaire de ce projet, ne connait aucune innovation notable. Sur le tronçon Kinshasa -Matadi, l'on constate beaucoup de nids de poule. À certains endroits, les herbes ont envahi la route. L'on déplore le manque d'entretien total. D'où cette question fondamentale : Comment la société de péage du Congo (Sopeco) gère-t-elle les fonds générés par le péage ?
Le silence complice des organes de contrôle
Face aux nombreuses interrogations que se posent les Congolais, il y a de quoi stigmatiser le silence ou l'indifférence des organes chargés de contrôle en RDC. En premier lieu, les regards sont tournés vers la représentation nationale. Jusqu'à quand les députés nationaux, dont la mission principale est le contrôle du gouvernement et d'autres structures étatiques, resteront-ils indifférents face à certains faits avérés de corruption en RDC ? Pourtant, ils ont été élus pour mettre tant soit peu fin à des dérapages financiers qui ont élu domicile ouvertement dans certaines institutions du pays.
Si les recettes du péage de Kasangulu étaient correctement gérées, l'on aurait déjà par exemple construit par exemple une seconde route entre Kinshasa et Matadi afin de réduire sensiblement les cas des graves accidents mortels enregistrés sur ce tronçon.
En plus, une partie de ces recettes pouvait bien être affectée à la réhabilitation du chemin de fer de l'Onatra que les remorques et les conteneurs seraient obligés d'emprunter pour désengorger la route Kinshasa-Matadi.
Outre l'Assemblée nationale, pourquoi l'Inspection générale des finances (IGF) ne déploie-t-elle pas une équipe pour fouiner ce qui se passe au poste de péage de Kasangulu?
Le pays a de gros défis à relever pour son développement et qui exigent de gros moyens financiers. Il est donc inacceptable que ses recettes soient gérées de manière très légère et opaque.
Muke MUKE