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Sisa bidimbu, version Fatshi
Pour les locataires du Palais de la Nation, les crépuscules de quinquennats se suivent et… se ressemblent. Effets d’annonce et pose de premières pierres tous azimuts. Regain d’inaugurations tape-à-l’œil dans la plupart des cas. A un an de la fin du mandat, le temps qui passe devient, en réalité, pour paraphraser l’écrivaine Danièle Thompson, le temps qui reste. Le fameux compte à rebours.
Alors, vivement des actions à impact visible et -de préférence- immédiat. Question de justifier d’un bilan. Histoire de légitimer une seconde candidature.
Sous JKK, les professionnels de la flagornerie avaient trouvé la formule « Sisa bidimbu » -montrer les réalisations- . Certains de ces flatteurs devant l’Eternel ont migré avec tout leur talent, armes et bagages dans le nouveau pays de Cocagne qu’est la Fatshisphère. On n’est donc pas loin de la version « fatshienne » du « Sisa bidimbu« .
Présent sur ses terres kasaiennes, le Président vole de coup d’envoi en coup d’envoi. Route Kananga-Kalamba-Mbuji; voirie urbaine du chef-lieu du Kasaï central. Dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, son Premier ministre posait la première pierre de l’Université de Kananga. De la métropole luluwa à la capitale – mondiale ?- du diamant, il n’y a qu’un pas que l’Exécutif va franchir pour le même exercice.
Tant mieux pour les compatriotes du centre du pays. En particulier, pour la route d’intérêt vital qui devrait désenclaver le Kasaï. Personne ne se plaindrait pas non plus de voir enfin la RDC dans son ensemble devenir un vaste chantier
Le hic, c’est que les travaux annoncés paraissent obéir davantage au calendrier politique qu’à l’impératif intemporel de la nécessaire construction des infrastructures qui font cruellement défaut au pays. Au « sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny » d’Henry Morton Stanley, on pourrait ajouter « sans routes, sans ponts, énergie, sans écoles, sans hôpitaux » pour boucler la boucle des préalables à l’émergence que les dirigeants chantent matin, midi et soir.
En prend-t-on le chemin ? Prudence, prudence. La longue jurisprudence du pays renseigne que pose de première pierre ne rime pas forcément avec début effectif des travaux et que celui-ci ne garantit pas nécessairement la suite et la fin de l’ouvrage. D’où, ces chantiers « politiquement motivés » qui demeurent, une fois les échéances électorales passées, en chantier perpétuel.
D’autre part, la quête du bilan à tout prix conduit à des projets esthétiques, bling-bling, vite faits et par nature très peu structurants. Des réalisations sans impact réel sur la vie des populations.
Ainsi, naissent des « éléphants blancs » qui, très souvent, s’avèrent des pompes à fric, des espaces de commissions et rétro-commissions pour les gouvernants qui n’hésitent pas à enfiler le costume de « bon samaritain » pour les uns et de « Robins de Bois » pour les autres. José NAWEJ