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Selon un nouveau rapport : Le FIDA plaide pour l’augmentation du financement de l’action climatique en faveur des petits exploitants
Selon son nouveau rapport publié le 22 novembre dernier, le Fonds international de développement agricole (FIDA), appelle les dirigeants mondiaux à accroître considérablement et de toute urgence le financement de l’action climatique destiné aux petits exploitants et aux petites agroentreprises. Ce sont ces derniers qui nourrissent le monde et subissent de plein fouet les effets des changements climatiques. «En échouant d’agir, c’est la sécurité alimentaire du monde entier que nous mettons en dangers», alerte le président du FIDA.
Intitulé «ClimateShot Investor Coalition» (CLIC) et la « Climate Policy Initiative » (CPI), ce nouveau rapport divulgué en amont de la COP23, révèle que les financements climatiques allant aux systèmes agroalimentaires à petite échelle ont diminué de 44%. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 0,8% du total de la finance climatique.
Ce qui très loin de répondre aux besoins. Au regard de ce tableau sombre, le président du FIDA, Alvar Lario, appelle les décideurs à faire diligence. «Cette tendance est extrêmement inquiétante. Nous allons dans la mauvaise direction. Les petits exploitants, qui nourrissent des communautés et des nations entières dans les pays en développement, doivent avoir les moyens de s’adapter dès aujourd’hui aux changements climatiques. S’ils ne le font pas, ce sont leurs vies, leurs moyens d’existence, mais aussi la sécurité alimentaire du monde entier qui sont en danger».
Baisse de la production agricole
Des études de cas commandées par le FIDA en 2021 montrent que, d’ici la fin du siècle, la production agricole pourrait diminuer jusqu’à 25%. Dans certains cas, les rendements pourraient chuter jusqu’à 80%.
Pourtant, d’après cette nouvelle analyse, intitulée «Le déficit de financements climatiques allant aux systèmes agroalimentaires de petite échelle», la part de financement de l’action climatique allant aux systèmes agroalimentaires de petite échelle (à savoir les petits exploitants, les organisations paysannes, les coopératives et les micro et petites agroentreprises rurales sur lesquelles ils s’appuient) est remarquablement bas. Il est tombé à 5,53 milliards d’USD, soit moins de 0,8% du total des financements climatiques dans le monde pour la période 2019-2020. Cette somme a diminué de 44% par rapport à 2017-2018, où elle atteignait les 9,85 milliards d’USD.
Cette chute des financements est en contraste total avec la hausse générale du financement de l’action climatique dans d’autres secteurs comme l’énergie et le transport, mais accompagne la baisse de 20% qu’a connue le secteur de l’agriculture, de la sylviculture et des autres utilisations de la terre à la même période.
Des solutions pour aider des petits exploitants
« Les investissements ralentissent, alors qu’ils devraient considérablement s’accélérer. C’est extrêmement troublant, puisque des solutions pour aider les petits exploitants à s’adapter existent bel et bien« , explique Alvaro Lario. « Nous avons le savoir-faire et la technologie. Tout ce dont nous avons besoin maintenant, ce sont des investissements« , a-t-il précisé.
Parmi des solutions adaptées à l’agriculture paysanne, le FIDA propose notamment les systèmes d’irrigation et d’infrastructures résilientes face au climat et à faible émission, les pratiques d’agroécologie et d’agroforesterie, les pratiques améliorées de gestion des sols et la diversification des cultures.
Par ailleurs, les systèmes d’information climatique et d’alerte précoce, de même que les infrastructures à l’épreuve des changements climatiques, comme les unités de stockage alimentaire et les routes rurales résistantes aux inondations, sont essentiels pour éviter les pertes et préjudices.
Dans un contexte de restrictions budgétaires à l’échelle nationale, et compte tenu des situations d’endettement difficiles dans lesquelles se trouvent actuellement de nombreux pays en développement, le FIDA en appelle aux investissements du secteur privé.
« Les gouvernements, les institutions financières et le secteur privé ont tous un rôle à jouer pour apporter davantage de financements aux systèmes agricoles de petite échelle. Nous devons convertir les contributions déterminées au niveau national et les plans nationaux d’adaptation en plans d’investissements accompagnés d’une réserve de projets bancables, et déployer des instruments financiers innovants pour réduire les risques et attirer les investissements privés« , a déclaré Alvaro Lario.
Il est d’avis que les investissements dans l’agriculture climato-compatible de petite échelle sont bons pour la planète, mais aussi pour le monde des entreprises. Ceux-ci garantissent une plus grande stabilité et des approvisionnements en produits de base.
Le FIDA investit dans l’adaptation de petits exploitants aux changements climatiques depuis plus de dix ans, par l’intermédiaire de ses programmes ordinaires, qui ont investi 1,2 milliard d’USD dans des activités d’adaptation entre 2019 et 2020, et par la gestion du Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne (ASAP+), un fonds pour l’adaptation climatique des petits producteurs agricoles à plusieurs millions de dollars.
En amont de la COP28, le FIDA promet de publier également un livre blanc sur l’investissement dans les systèmes alimentaires adaptés au climat. Mbangu MAMIYOUND