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Rentrée scolaire : Ebola impose l’enseignement à distance dans 18 zones à haut risque
La rentrée scolaire est maintenue au 1er septembre 2026 dans les provinces affectées par l’épidémie de maladie à virus Ebola, mais elle se fera selon un dispositif différencié en fonction du niveau de risque. Sur les 138 sous-divisions éducationnelles recensées dans les provinces concernées, 40 sont touchées par l’épidémie, dont 18 classées à haut risque, a annoncé mardi 18 août la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu.
La ministre s’exprimait, au côté du ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, lors d’un briefing presse animé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, consacré au bilan de trois mois de riposte contre Ebola et aux préparatifs d’une rentrée scolaire sécurisée.
« La rentrée a bien lieu le 1er septembre, mais de manière différenciée », a martelé Raïssa Malu.
Cette adaptation repose sur une classification en trois catégories : zones vertes, où aucun cas n’a été déclaré ; zones orange, où la maladie est présente mais reste maîtrisée ; et zones rouges, considérées comme des foyers à haut risque.
DANS LES ZONES ROUGES, PAS DE COURS CLASSIQUES
Le dispositif prévoit une réponse proportionnée à la situation épidémiologique. Dans les zones orange, les écoles fonctionneront normalement, mais avec un renforcement drastique des mesures de prévention, de l’hygiène et de la surveillance sanitaire.
Les zones rouges, en revanche, ne pourront pas maintenir l’enseignement en présentiel dans son format habituel. Le gouvernement y privilégiera l’enseignement à distance, mais sans exiger des familles un accès à Internet ou l’acquisition d’équipements numériques.
Raïssa Malu a tenu à lever toute ambiguïté sur cette formule.
« Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou Internet. »
Le mécanisme sera volontairement simple : des cahiers et feuilles pédagogiques élaborés à partir du programme national, recentrés sur les savoirs essentiels, seront remis aux élèves afin qu’ils puissent poursuivre leurs apprentissages à domicile.
Ces supports seront complétés par des émissions éducatives diffusées sur les radios locales et communautaires, permettant aux enfants de rester en contact avec les contenus scolaires malgré l’impossibilité de fréquenter physiquement les établissements.
PRÉSERVER LE LIEN ENTRE L’ÉLÈVE ET L'ÉCOLE
Pour la ministre, l’objectif n’est pas de reproduire à distance l’intégralité des cours dispensés en classe, mais de préserver le lien entre l’élève et l’école et d’éviter une rupture pédagogique prolongée.
« Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés, et par l’épidémie et par l’arrêt des cours. »
Le dispositif prévoit la présence des enseignants et des encadreurs dans les établissements situés dans les zones rouges. Les parents et les élèves pourront se rendre périodiquement dans les écoles, selon un système organisé, notamment pour récupérer les supports pédagogiques.
Les établissements resteront ainsi des points de service éducatif, même lorsque les élèves ne pourront plus y suivre les cours en présentiel.
UN DISPOSITIF RÉÉVALUER TOUTES LES QUATRE SEMAINES
Cette organisation sera d’abord mise en œuvre pour une période de quatre semaines, avant une nouvelle évaluation en fonction de l’évolution de l’épidémie.
Le gouvernement entend ainsi éviter que les zones vertes ne basculent dans la catégorie orange et que les zones orange ne deviennent rouges.
« Notre objectif est d’éviter qu’une zone orange devienne une zone rouge et qu’une zone verte devienne une zone orange. », a expliqué Raïssa Malu.
Cette stratégie repose sur une coordination étroite entre les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé, notamment pour renforcer la sensibilisation auprès des enseignants, des élèves et des parents.
Les élèves des zones orange pourront continuer à fréquenter les établissements, mais sous un régime de vigilance accrue.
Le message du gouvernement est sans équivoque : un enfant malade ou présentant des symptômes suspects ne doit pas se rendre à l’école. Les cas suspects devront être signalés et orientés vers les structures sanitaires.
Des dispositifs de lavage des mains et des kits sanitaires seront installés dans les écoles concernées, tandis que des messages de prévention seront régulièrement diffusés.
La ministre insiste également sur le rôle des médias dans cette bataille sanitaire, appelant à une communication responsable et constante afin d’éviter les comportements susceptibles de favoriser la propagation du virus.
Autre précision importante : le dispositif d’enseignement à distance prévu dans les zones rouges ne doit pas alourdir les charges des ménages. « Il ne doit rien coûter de plus à nos parents. », a assuré la ministre.
La prise en charge est annoncée comme relevant du gouvernement, avec l’appui de ses partenaires. L’ambition est de permettre aux enfants de poursuivre les apprentissages essentiels et de retrouver plus facilement le chemin des salles de classe lorsque la situation sanitaire reviendra à la normale.
LES EXAMENS NE SONT PAS ÉLUDÉS
La question des examens n’est pas éludée. Si l’épidémie devait se prolonger jusqu’à cette période, le ministère prévoit des mesures spécifiques pour permettre aux élèves concernés de composer dans des conditions sécurisées.
Les élèves devront alors se présenter dans les centres d’examen, mais avec un dispositif sanitaire renforcé et des mesures de prévention adaptées.
Pour l’heure, le gouvernement mise sur l’évolution favorable de la riposte, notamment la vaccination et les mesures de santé publique, afin que la situation puisse revenir progressivement à la normale.
Entre la nécessité de protéger les enfants et celle de préserver leur avenir scolaire, Kinshasa choisit donc une rentrée sous surveillance plutôt qu’un arrêt généralisé des cours. Le 1er septembre reste le cap, mais son visage variera désormais selon la couleur épidémiologique de chaque zone.
Jérémie ASOKO