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RDC: L'exploitation aurifère ménace la réserve de faune à okapis
La réserve de faune à okapis, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo est gravement menacée par l'exploitation aurifère industrielle. Selon les données de la Wildlife Conservation Society et des agences gouvernementales, la réserve a perdu 480 hectares de forêt primaire entre janvier et mai 2024.
Cette perte s'ajoute aux 1.890 hectares de couverture forestière détruits en 2023, 1.350 hectares en 2022, 980 hectares en 2021 et 844 hectares en 2020, d'après Global Forest Watch.
Ces chiffres illustrent une accélération dramatique de la déforestation, notamment autour du site minier de Muchacha, exploité par Kimia Mining dans la partie sud-ouest de la réserve, le long de la rivière Ituri.
Un rapport de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture ( Unesco) publié en 2021 avait déjà tiré la sonnette d'alarme, avertissant que le site minier était en train de " se transformer en une colonie permanente ".
Actuellement, le site est tellement exploité qu'il est transformé en une véritable ville avec des routes, des bâtiments, des églises, des écoles et des bars. "Les arbres ont tous été coupés, et la rivière Ituri est gravement polluée par les produits chimiques utilisés dans le processus d'extraction" , a fustigé Lukas, un écologiste.
L'exploitation de l'or ne se limite pas à la déforestation. Les activités minières polluent également les cours d'eau, notamment avec du mercure, un produit chimique hautement toxique utilisé pour extraire l'or. Cette pollution menace non seulement les écosystèmes aquatiques, mais aussi les populations locales qui dépendent de la rivière Ituri pour leurs besoins en eau.
En 2022, 205 organisations de la Société civile congolaise avaient exhorté le Gouvernement à annuler les permis d'exploitation accordés à une société étrangère et à mettre fin à la déforestation et à la pollution au mercure. Toutefois, selon des documents officiels, les permis de la société ont été renouvelés jusqu'en 2048, malgré les alertes répétées des organisations locales et internationales.
UN PATRIMOINE EN PÉRIL
La réserve de faune à okapis représente bien plus qu'un sanctuaire pour la biodiversité. Elle est un symbole du patrimoine naturel congolais et un atout pour les générations futures. Cependant, si des mesures urgentes ne sont pas prises pour réglementer l'exploitation minière et restaurer les zones dégradées, ce patrimoine pourrait disparaître à jamais.
Les organisations environnementales et les acteurs locaux appellent à une mobilisation générale pour sauver cette réserve. "Protéger cet écosystème unique est une responsabilité collective. Si nous ne faisons rien, les okapis et d'autres espèces emblématiques risquent de devenir des souvenirs lointains ", avertit Aimé Vusike Kiruzi.
La Communauté internationale, les agences gouvernementales et la société civile doivent agir rapidement pour freiner la destruction de cette réserve, symbole de la richesse écologique de la RDC.
La réserve de faune à okapis est l'un des trésors écologiques les plus précieux du pays. Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, elle abrite une biodiversité exceptionnelle, dont des espèces emblématiques comme l'okapi, les éléphants de forêt et une grande variété de primates.
Gloire BATOMENE