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Nord-Kivu : MSF réitère son appel à une réponse humanitaire pour les déplacés des camps informels
Les conditions d’insalubrité et les pénuries d’eau potable dans plusieurs camps informels de personnes déplacées autour de Goma sont de plus en plus insoutenables. Dans un communiqué publié hier, lundi 18 novembre, Médecin Sans Frontières (MSF) exhorte les organisations humanitaires disposant d’une expertise en eau, assainissement et hygiène à prendre des mesures immédiates et durables pour faire face à cette crise catastrophique.
«Nos équipes continuent de constater les effets dévastateurs des conditions de vie précaires auxquelles sont confrontées les familles déplacées», déclare Natàlia Torrent, cheffe de mission MSF au Nord-Kivu.
Plusieurs mois après le dernier afflux massif de personnes en février 2024, l’accès à l’eau potable, aux latrines et aux douches reste un défi quotidien majeur pour les personnes déplacées, en particulier dans les camps improvisés.
«Lorsque nous sommes arrivés ici, notre plus grande préoccupation était l’accès à l’eau – pour boire, cuisiner, nettoyer et nous laver», explique Kahindo Salumu, qui a fui les violences dans son village plus tôt cette année et vit aujourd’hui avec ses sept enfants dans le camp de Rugo, à la périphérie de Goma.
2 à 4 litres d’eau par personne
«MSF nous fournit de l’eau potable, mais ce n’est pas suffisant. Je puise trois jerrycans d’eau par jour, mais à la tombée de la nuit, nous avons utilisé chaque goutte», précise la mère de famille.
Depuis deux ans, MSF joue un rôle clé en tant que fournisseur d’eau dans les camps autour de Goma, investissant considérablement dans les infrastructures sanitaires, y compris un système d’approvisionnement en eau alimenté par l’énergie solaire, une station de pompage de l’eau et une usine de traitement des boues fécales.
Le mois dernier, les personnes déplacées dans les camps autour de Goma n’ont reçu en moyenne que 7,8 litres d’eau par personne et par jour, certains camps ne recevant que 2 à 4 litres par personne. Cela est bien inférieur aux exigences internationales en matière d’urgence qui préconisent 20 litres par personne et par jour.
«Ce niveau extrême d’insalubrité reste alarmant, d’autant plus qu’il présente de graves risques de propagation de maladies infectieuses telles que la Mpox, ainsi que des maladies transmises par l’eau comme le choléra», explique Torrent.
Outre la pénurie d’eau, le nombre de douches et de latrines fonctionnelles est largement insuffisant pour répondre aux besoins de la population. Certains camps de fortune ne disposent que d’une seule douche pour 145 personnes, tandis que les équipes MSF signalent que dans certains camps, 50 % des latrines sont soit en panne, soit à moitié pleines.
Installation sanitaires insuffisant
«Nous n’avons pas assez d’installations sanitaires, notamment de latrines», explique Venasiya Rwata, qui vit dans le camp de Sam Sam avec ses sept enfants. «Nous sommes parfois obligés de quitter notre zone pour aller nous soulager dans des endroits plus éloignés du camp».
Le fait d’être obligés de chercher des installations sanitaires dans d’autres camps ou dans des endroits plus éloignés peut exposer les femmes et les enfants à la criminalité et à la violence, notamment à la violence sexuelle, qui est très répandue dans les camps.
Malgré les appels répétés de MSF à la mobilisation, la réponse humanitaire reste entravée par le manque de coordination et de financement des organisations sur le terrain. Cela a entraîné de graves lacunes dans la réponse aux besoins humanitaires, notamment en matière d’eau et d’assainissement.
«MSF étant avant tout une organisation médicale, ses équipes fonctionnent à pleine capacité et doivent se concentrer sur la réponse aux besoins médicaux. « Une action immédiate et durable est nécessaire dès maintenant pour éviter une crise de santé publique», estime la cheffe de mission MSF au Nord-Kivu.
Fyfy Solange TANGAMU