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"Pinzoli ya mboloko esalaka tigre mawa te !"
Les larmes d'une antilope n'attristent pas le tigre " ( ou les larmes d'une antilope ne font pas pitié au tigre) est la traduction française de " Pinzoli ya mboloko esalaka tigre mawa te !", sujet de notre chronique du jour
Cette phrase lingala à connotation proverbiale exprime l'idée que les cruels, les prédateurs n'éprouvent aucun remords ou aucune pitié envers les faibles, les proies. Inutile d'implorer la compassion d'un adversaire sans cœur.
On part de l'idée que le tigre est un animal très cruel considéré comme prédateur et que l'antilope se compte parmi les animaux faibles de la forêt, les plus vulnérables; donc toujours victime de la cruauté des prédateurs.
Ce proverbe signifie que la faiblesse ou la détresse d'une proie n'attendrit pas son prédateur, qui reste préoccupé par ses propres intérêts. Il illustre le caractère de ce monde plein de cruauté, d'absence de pitié chez autrui, chez un ennemi et la naïveté de croire à la compassion d'un agresseur.
Le message nous livre quelques renseignements clés. A l'instar de la loi du plus fort incarnée par le tigre qui symbolise la force, la méchanceté, la cruauté. Ainsi, cet animal féroce cherche-t-il à survivre ou à dominer, sans se soucier de la souffrance de l'antilope, la victime qui incarne, elle, la faiblesse. Comme leçon, il y a aussi l'inutilité des plaintes que peut lancer l'antilope.
Pleurer ou supplier ne sert à rien face à quelqu'un qui a décidé de vous nuire ou de profiter de vous. En plus, la réalité des relations est aussi une des leçons. Ce message rappelle qu'il ne faut pas compter sur la pitié de ses adversaires dans les luttes de pouvoir, les conflits ou la survie.
Tout compte fait, nous pouvons tirer trois leçons principales : primo, l'absence de compassion : supplier ou pleurer devant quelqu'un qui veut votre mal ne changera pas son cœur. Secundo, l'illusion de la pitié : compter sur la gentillesse ou la pitié d'un agresseur ou d'un ennemi est un piège qui mène à sa propre perte. Tertio, la nécessité de la force : face au danger, il vaut mieux fuir, se défendre ou être fort plutôt que d'attendre la pitié de l'autre.
Kléber KUNGU