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Processus de paix : Kinshasa annonce une avancée majeure avec la signature d'un protocole de démobilisation des FDLR
Le Gouvernement congolais affirme avoir franchi une étape décisive dans la mise en œuvre de l'accord de paix de Washington. Lors d'un briefing de presse conjoint tenu mardi 28 juillet, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et son collègue de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, ont annoncé la signature d'un protocole portant sur le désarmement, la démobilisation, le cantonnement et la dissolution progressive des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Une évolution que Kinshasa présente comme un tournant majeur dans le processus de paix engagé avec le Rwanda.
« Aujourd'hui, nous sommes heureux de vous annoncer qu'il y a eu une évolution importante. Les FDLR ont signé un protocole de démobilisation, de démilitarisation et de cantonnement », a déclaré Floribert Anzuluni, précisant que cette avancée s'inscrit dans l'exécution du CONOPS, le concept d'opérations prévu par les accords de Washington.
Selon le ministre de l'Intégration régionale, ce protocole concrétise l'engagement pris par la RDC de neutraliser les FDLR, tandis que le Rwanda est appelé à retirer ses troupes du territoire congolais. Il a expliqué que la stratégie gouvernementale a privilégié une approche graduelle, fondée d'abord sur la sensibilisation des combattants avant toute option militaire.
« Nous étions engagés à neutraliser les FDLR par la sensibilisation et, si cette démarche n'aboutissait pas, par la force. Aujourd'hui, nous avons obtenu un protocole qui organise leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement », a-t-il souligné.
DISSOUDRE DÉFINITIVEMENT LEUR ORGANISATION ET REGAGNER LE RWANDA
Le texte prévoit que les combattants impliqués dans des crimes internationaux répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes, conformément au droit congolais et au droit international. Les autres membres du mouvement seront appelés à dissoudre définitivement leur organisation et à regagner le Rwanda dans des conditions garantissant leur sécurité et le respect du principe du retour volontaire.
À défaut de réunir ces garanties, le protocole ouvre la voie à une relocalisation des ex-combattants dans un ou plusieurs pays tiers. « Un pays africain a déjà fait part de sa disponibilité pour les accueillir, tandis que des discussions sont en cours avec d'autres partenaires », a révélé Floribert Anzuluni.
Pour le Gouvernement, cette évolution retire désormais au Rwanda l'un des principaux arguments invoqués depuis plusieurs années pour justifier sa présence militaire dans l'Est de la RDC. « Nous avons toujours soutenu que la question des FDLR est utilisée comme un prétexte pour masquer les véritables motivations de cette agression, notamment le contrôle des ressources naturelles de la République démocratique du Congo », a affirmé le ministre.
UN COMITÉ DE SUIVI SERA MISE EN PLACE POUR ACCOMPAGNER LE PROCESSUS
Floribert Anzuluni a également indiqué que les principales zones de présence des FDLR se situent aujourd'hui dans des secteurs échappant au contrôle de l'État congolais, la majorité étant sous occupation de l'AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Cette configuration, a-t-il expliqué, complique les opérations de neutralisation conduites par les autorités congolaises.
Afin de garantir l'application effective du protocole, un comité de suivi réunissant des partenaires régionaux, internationaux ainsi que des experts techniques sera mis en place pour accompagner le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.
Intervenant à son tour, Patrick Muyaya a estimé que cette avancée démontre la volonté de la RDC de respecter scrupuleusement les engagements souscrits dans le cadre de l'accord de paix de Washington.
« Le fondement de l'action que nous menons se trouve dans les accords de Washington. Nous faisons notre part et nous levons progressivement tous les prétextes avancés pour justifier la poursuite de cette guerre », a déclaré le porte-parole du Gouvernement.
“LA NEUTRALISATION NE SIGNIFIE PAS TUER”
Le ministre de la Communication a rappelé que la neutralisation des FDLR ne signifie nullement leur élimination physique, mais la réduction durable de leur capacité de nuisance.
« La neutralisation ne signifie pas tuer. Elle consiste à réduire la capacité des FDLR afin qu'elles ne représentent plus une menace pour la sécurité du Rwanda », a-t-il expliqué.
Pour Patrick Muyaya, cette évolution place désormais la communauté internationale face à ses responsabilités. « Avec cette avancée, nous pouvons exiger le retrait sans condition des troupes rwandaises du territoire de la République démocratique du Congo », a-t-il insisté.
Le Gouvernement considère ainsi que cette nouvelle étape renforce la crédibilité du processus de paix, consolide la position diplomatique de Kinshasa et crée les conditions pour obtenir l'application intégrale des engagements contenus dans les accords de Washington, avec pour objectif ultime le rétablissement de la souveraineté de la RDC sur l'ensemble de son territoire.
FDA