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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Diversification des exportations : la RDC peut désormais conquérir le marché chinois sans droits de douane
La République démocratique du Congo dispose désormais d'une fenêtre stratégique inédite pour diversifier son économie. Depuis le 1er mai 2026, les produits congolais peuvent accéder au marché chinois sans paiement de droits de douane, une mesure exceptionnelle décidée par Pékin en faveur de 53 pays africains et qui pourrait profondément transformer les perspectives des exportations non minières de la RDC.
Longtemps dominés par les minerais, les échanges commerciaux entre Kinshasa et Pékin pourraient ainsi connaître un tournant majeur. Grâce à cette suppression tarifaire, les produits agricoles et agroalimentaires congolais, notamment le cacao, le café, le maïs, la banane ou encore d'autres cultures à forte valeur ajoutée bénéficient désormais d'un avantage concurrentiel significatif sur le premier marché de consommation d'Asie.
Pour les autorités congolaises chargées de la promotion des exportations, cette ouverture commerciale constitue une opportunité historique. L'Agence nationale de promotion des exportations (Anapex) estime que l'absence de barrières douanières permettra aux entreprises congolaises de proposer des produits plus compétitifs, les coûts liés aux taxes à l'importation étant désormais supprimés.
«Les entrepreneurs congolais vont pouvoir exporter vers la Chine à moindre coût, ce qui renforcera considérablement la compétitivité des produits nationaux sur un marché extrêmement vaste», souligne Landry Kinkani, directeur chargé des Études et de la Planification à l'Anapex.
UN ACCÈS TARIFAIRE NUL DE "ZÉRO DROIT DE DOUANE"
Cette décision s'inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat stratégique sino-africain annoncé par le président chinois Xi Jinping lors du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) de 2024. Pékin a ainsi accordé un accès tarifaire nul de "zéro droit de douane" à l'ensemble des pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine, à l'exception de l'Eswatini.
Au-delà du simple geste commercial, la mesure traduit la volonté de la Chine de consolider sa position de premier partenaire économique du continent africain. Elle offre également aux économies africaines la possibilité de réduire leur dépendance aux exportations de matières premières brutes et d'accélérer le développement des chaînes de valeur locales.
Pour la RDC, où le secteur minier représente encore l'essentiel des exportations, le défi consiste désormais à transformer cette ouverture du marché chinois en levier de diversification économique. Cela suppose d'accroître la production agricole, d'améliorer les capacités de transformation industrielle et de renforcer les infrastructures logistiques afin de répondre aux exigences du marché chinois.
Valable jusqu'au 30 avril 2028, cette exemption douanière pourrait ainsi marquer le début d'une nouvelle phase dans les relations économiques entre Kinshasa et Pékin : celle d'une coopération moins dépendante des minerais et davantage tournée vers la création de richesses locales et le développement durable.
Didier KEBONGO