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Nairobi lave plus blanc que blanc
Forces négatives le matin, interlocuteurs le soir. Terroristes hier, opposants armés fréquentables aujourd’hui. Voilà Kinshasa obligé de faire le grand écart. Voilà la RDC contrainte de mettre une sourdine à ses imprécations contre des groupes armés proclamés à haute et intelligible voix « Forces négatives« . Ou « terroristes« .
Nairobi aura donc servi à laver plus blanc que blanc tout ce que l’Est rd congolais compte de bannis, d’infréquentables ! Occupant des pans de territoires par effraction et infraction, des fractions armées viennent de fracturer l’armure et obtenir de rencontrer le chef de l’Etat congolais.
Pour sûr, la facture de la paix-quelle paix ?- est salée. Très salée même. Pour des millions de Congolais, l’alchimie concoctée par des chefs d’Etat réunis dans la capitale kenyane est difficile à avaler. A l’époque de Socrate, on aurait dit que les Congolais auraient bu la ciguë !
Cela dit, cette « pax kenyana » exhale une drôle d’odeur. Un mix d’incapacité-complicité qui caractérise ce long cycle de conflits armés dans l’Est de la RDC. Une kyrielle de guerres dans la guerre dont les pompiers sont, pour la plupart d’entre eux, à la fois pyromanes. Un chapelet de conflits armés dont certains médiateurs sont en même temps sponsors des rébellions.
Une tragédie dont tous les acteurs visibles et invisibles tirent profit, sauf des congolais anonymes qui paient un lourd tribut dans tous les sens du terme. En un mot, la guerre qui s’avère plus rentable pour tous les intervenants -y compris les plus respectables- que la paix.
L’on comprend dès lors que malgré la mobilisation de la communauté internationale incarnée par la Monuc , puis la Monusco avec un budget à faire pâlir d’envie plus d’un pays africain , la logique de guerre soit devenue comme une seconde nature .Et l’Est de la RDC continue d’être ce farwest où la nuit tombée tous les chats sont gris . A l’image du Grand nord et de l’Ituri où l’état de siège va de prorogation en prorogation.
Question, façon Cicéron dans les Catilinaires : jusqu’à quand ce cycle de guerres-rébellions-interventions-sommets business abusera-t-il de la patience des Congolais ? José NAWEJ