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Le mariage «Kitwyl» chez les Yansi du Kwilu : les «abolitionnistes»et les conservateurs en conflit ouvert
Il s’observe de nos jours pratiquement un conflit ouvert entre les intellectuels Yansi vivant dans les villages et ceux des villes, notamment Kinshasa, Bandundu ville, Kikwit, Lubumbashi et tant d’autres de la RDC sur la pratique du mariage de type traditionnel appelée «Kitwyl» vécue par cette tribu populaire de la province du Kwilu.
Il s’agit du mariage forcé du grand-père ou son neveu avec sa petite-fille. Certains y sont attachés, les conservateurs, tandis que d’autres sont pour son abolition. Ce phénomène, faut-il le souligner, revêt plusieurs formes que beaucoup de Congolais ne comprennent pas et qui, malheureusement, provoque une mauvaise réputation des filles Yansi, parce que selon l’entendement populaire «Toute fille Yansi a son mari de droit, son grand-père ou son neveu». Un tel préjugé cause du tort aux filles Yansi qui peuvent rater ainsi des mariages.
Quelle peine morale et psychologique pour elles ! En plus de cette souffrance, celles qui tombent dans le filet de la famille élargie conservatrice, subissent la peine du Kitwly réel. Dans ce cas, qu’est-ce qui peut sauver la jeune fille ou sa famille ? Il faut renforcer les campagnes de sensibilisation à l’éducation des filles et leur autonomisation menées par le pouvoir public, les organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales qui aident les parents à faire face à cette pratique médiévale dont la résistance et l’opposition ouvertes engendrent des conséquences graves chez la jeune fille et ses parents.
L’éducation des filles constitue le créneau par excellence pour leur permettre de s’échapper au traditionalisme et à la pratique décriée de Kitwly. Grâce aux études, les filles s’éloignent des contraintes tribales et, de surcroît, de ce système qui sévit encore dans certaines familles, même en ville avec la complicité de membres du clan attachés à cette tradition. Les jeunes filles (les Kitwly) qui ont la chance d’étudier surtout à l’étranger peuvent se soustraire de cette tradition avilissante, car elles se mettent là loin de la surveillance du grand père, le prédateur attitré.
Malheureusement, en dépit du vent de la modernité qui souffle dans notre pays, il se trouve encore dans nos villages des intellectuels conservateurs, en connexion avec leurs réseaux établis en ville pour pérenniser ce système devenu archaïque. À ce sujet, les exemples sont légion sur les cas des filles nées en ville et qui y ont grandi, mais prises en étau par ce phénomène à cause de l’influence des parents pris de peur des conséquences maléfiques, ou l’influence des membres de la famille élargie. À titre illustratif, nous citerons le cas d’une femme qui, contrainte à ce type de mariage à son jeune âge (entre 16-17 ans), est restée veuve avec plusieurs enfants.
Par ailleurs, il faut stigmatiser ce système. Ses adeptes oublient que ce type de mariage conclu entre les membres d’une même famille favorise la propagation des maladies héréditaires susceptibles d’emporter plusieurs frères et sœurs. C’est pourquoi, il importe de renforcer l’éducation surtout des filles pour les sauver de cette turpitude.
Muke MUKE