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Le film ‘’Ville Verte’’, un cri d’alarme pour les générations futures
La ville de Kinshasa est confrontée à la pollution des déchets plastiques. Cela est visible dans presque tous les coins de la capitale RD congolaise. Le projet de film ‘’Ville Verte’’ de Ruben Mayoko, sélectionné dans le programme American Film Showcase, s’inspire de cette réalité. Ce film part du constat de cette pollution tout en essayant de proposer des remèdes made in RDC à ce fléau.
La première partie de cette production aborde les difficultés auxquelles sont confrontés les pécheurs du port de Baramoto situé dans la commune de Kingabwa à Kinshasa. «Les pécheurs se plaignent. La pêche n’est plus rentable à cause des déchets plastiques qui trainent sur le fleuve. Avec leur barque de fortune ils ne peuvent aller en eau profonde, or leur périmètre de pêche est envahi par les plastiques ce qui fait fuir les poissons. Ils recourent à la technique du ramassage de ces déchets en jetant les filets dans l’eau afin de les récupérer et libérer l’espace pour que les poissons reviennent», explique Ruben Mayoko.
Le réalisateur a également cherché à rencontrer des personnes qui essayent de changer les choses à leur niveau. C’est le cas d’Anthony M. professeur de chimie dans une école de la place. En dehors de ces heures de cours, il forme des jeunes au recyclage des déchets plastiques. Ce professeur de chimie, fabrique des pavés écologiques à base des plastiques, de la braise à base des épis de maïs et arrive à produire de l’énergie à l’aide des déchets ménagers. Il y a également la rencontre avec un homme d’affaires qui donne de son temps à remettre aux élèves des plantules des différents sortes d’arbres pour aller les planter chez eux.
Lutte contre la déforestation, recycler les ordures ménagers
Pour Ruben Mayoko, cette deuxième partie du film montre les solutions que l’on peut apporter pour résoudre ce problème de pollution. Notamment le recyclage, la production de l’énergie, la culture des arbres. «Les différents remèdes que je présente à travers ce film, permettent d’attirer l’attention des autorités du pays ainsi que de la population. Ces solutions ne viennent pas des pays occidentaux. Ce sont des moyens accessible en RDC et qui ne demandent pas trop de moyens financiers. Il est possible de créer des emplois, mais aussi apporter un coup de pouce à l’économie si une production à grande échelle des pavés se réalise ou même du charbon écologique. Ce qui par ailleurs permettra en même temps de lutter contre la déforestation. Les matières premières sont ici dans le pays et pas ailleurs», renseigne le jeune cinéaste.
planter des arbres, c’est lutter contre le réchauffement climatique
De même, planter des arbres est une manière de lutter contre le réchauffement climatique, assure Ruben Mayoko. Et cette façon de faire s’est avérée efficace, selon certaines études. «Ici en RDC, nous sommes en capacité de planter des arbres, la plupart des parcelles dans la capitale n’ont plus d’arbres, les cours qui jadis fessaient office de jardins sont couverts de ciment. Or le ciment absorbe la chaleur au cours de la journée et la refoule le soir. Mais avec les arbres, l’air circulera mieux dans les parcelles. Et que dire des tonnes d’ordures ménagères qui trainent à Kinshasa? C’est aussi une richesse que l’on peut transformer», estime l’orateur. Il recommande d’intégrer les cours sur la protection de l’environnement dans le système éducatif du pays.
«Protégeons notre planète en général et notre pays en particulier. Ce film est une sorte de cri d’alarme en faveur des générations futures», déclare Ruben Mayoko, étudiant finaliste en communication visuelle à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Fyfy Solange TANGAMU