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L’Accord-cadre d’Addis-Abeba et sa maladie congénitale
Combien seront-ils, ce jeudi, au chevet du seul « malade » déclaré de la région Afrique centrale-grands lacs- qu’est la RDC? Quel bulletin de santé produiront ces super toubibs à l’issue de leur check-up médical ? Quel protocole vont-ils prescrire à leur unique patient neuf ans après la première pile d’ordonnances signées dans la capitale éthiopienne le 24 février 2013 ? Last but not least, est-ce que l’état de santé de la RDC permettra-t-il de réaliser les objectifs contenus dans l’accord-cadre d’Addis-Abeba ?
Cette kyrielle d’interrogations le jour du dixième sommet du Mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba procède nullement d’une approche nihiliste. Elle n’a pas non plus pour but de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ces questions mettent plutôt à nu la malformation congénitale de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
Voilà un texte qui fait de la RDC le seul vrai problème de deux sous -régions réunies: l’Afrique centrale et surtout l’espace des grands lacs. Au Congo-Kinshasa, on recommande notamment la réconciliation, la démocratisation, le désarmement…des groupes armés. Alors que ces différents challenges se posent à la quasi-totalité des pays impliqués dans la déstabilisation de l’Est de la RDC.
Comment peut-on rêver d’une vraie paix dans la sous-région, pas celle des cimetières ni celle imposée par des hommes forts tant que des régimes représentés à Kinshasa n’ont pas réalisé le dialogue politique intercommunautaire chez eux ? Comment escompter une stabilité à l’échelle sous régionale si l’on boute systématiquement en touche chaque fois qu’il est question de solder les comptes des agressions subies par la RDC?
Faute d’extirper les raisons profondes du mal de vivre démocratique et même identitaire dans les pays des grands lacs, l’Est rd congolais continuera, bien malgré lui, à servir d’exutoire aux contradictions non évacuées au Rwanda, au Burundi et en Ouganda. En somme, s’obstiner à croire que la RDC est l’unique malade des Grands lacs est justement la maladie dont souffre la sous-région.
Il va donc sans dire que du diagnostic partiel, partial et parcellaire établi à Addis-Abeba voici neuf ans, jour pour jour, a résulté cette thérapie superficielle, assortie d’une cure incomplète que l’on administre à l’unique patient désigné. Depuis, ce traitement agit juste comme une anesthésie, un calmant, encore un palliatif à court terme ou un somnifère. La perspective de guérison passant, elle, par une approche holistique.
Nos médecins présents à Kinshasa le savent, mais beaucoup se plaisent et se complaisent dans ce déni de traitement qui participe du subtil processus de mise à mort à petit feu ou à dose homéopathique du grand malade déclaré qu’est la RDC. Aux Congolais de se prendre en charge. José NAWEJ