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"Réponse ya Mario. Bisengo ya ango pasi ya pape
Réponse ya Mario. Bisengo ya ango pasi ya pape" (en lingala) se traduit en français par : "La réponse de Mario. Le bonheur de cela, (c'est) la souffrance du pape" (ou les joies de la chose, la peine du pape). Il est des phrases, des expressions constituant l'ossature de nos sujets de la chronique "Au-delà du lisible", qui nous donnent du fil à retordre tellement les parties qui les composent ne sont faciles qu'à leurs auteurs ou rédacteurs. Cette expression ne fait pas exception. Pour la précision, je présume que le mot "pape" doit avoir été mal orthographié. C'est "papa" au lieu de "pape" qui n'a aucun sens dans ce message.
Décortiquons-en les parties en tentant de les expliquer le mieux que nous pouvons. "Réponse ya Mario" : La réponse de Mario fait référence à la célèbre chanson Réponse de Mario de Franco Luambo et le T.P.O.K. Jazz, en 1989, qui était la réponse que l'auteur de ce tube a donnée à la non moins célèbre chanson Mario qui narrait les déboires d'un jeune homme vivant aux crochets d'une femme plus âgée. Ceux qui ont vécu cette époque se rappellent cette belle chanson.
"Bisengo ya ango" : Le plaisir, la joie ou le bonheur de cette situation / de cela.
"Pasi ya papa" : La souffrance, la peine ou la galère du papa (le dindon de la farce).
Elle est une phrase populaire ou philosophique qui illustre le contraste entre les apparences de bonheur et la réalité des fardeaux cachés. Elle évoque l'œuvre musicale congolaise culte [Mario et sa suite Réponse de Mario] par Franco Luambo et le T.P. OK Jazz, signifiant que les positions de prestige ou les prétendus privilèges cachent en fait de profondes charges et tourments invisibles.
Un mot sur la chanson "Réponse ya Mario" (1987-1988) qui est la réplique de "Mario" sorti en 1985. Ce sont deux chansons cultes du Grand Maître Franco et son groupe le T.P. OK Jazz. Elles dressent le portrait caustique d'un gigolo kinois vivant aux dépens d'une femme plus âgée et plus fortunée que lui. Les deux tubes traitent des relations complexes, de l'orgueil, des faux conforts et de la dépendance.
Le message évoque l'illusion du plaisir que représentent "Les joies de cela". Celles-ci représentent les avantages faciles, l'apparence du succès ou le plaisir immédiat que l'on envie chez quelqu'un d'autre. L'auteur dudit message emploie une métaphore. Les souffrances du papa expliquent cette métaphore. En effet, le pape symbolise la fonction la plus éminente et vénérée en apparence, mais qui porte en réalité le poids immense des responsabilités, la solitude et les sacrifices du monde.
Mario est un jeune homme instruit qui choisit de vivre aux crochets d'une femme mature, riche et établie. L'analyse de cette thématique s'articule autour de trois axes principaux : Le Bonheur de cela (l'illusion de la facilité). Le "bonheur" représente l'attrait illusoire de la paresse et du confort matériel immédiat. Pour Mario, se faire entretenir procure une satisfaction éphémère d'aisance sans effort.C'est le triomphe provisoire de l'apparence et de l'arrogance d'un jeune homme entretenu. La Souffrance du père (papa), ce qui explique le poids de la honte et de l'éducation ratée. Le père symbolise la dignité bafouée, l'honneur familial piétiné et la déception. Le père a investi dans l'éducation de son fils, espérant avoir plus tard un homme d'honneur, mais il récolte un "gigolo" dépendant. La souffrance parentale face à la déchéance morale de sa progéniture qui préfère la facilité au travail et à la fierté d'être autonome.
Leçon à retenir : Ce qui paraît enviable de l'extérieur ("la joie") s'accompagne presque toujours d'un revers de médaille très lourd et douloureux.
Kléber KUNGU