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Plus que l’état de siège, une approche holistique
Autant le souligner tout de go. Comment faire la fine bouche lorsque sur le front de l’Est, l’on passe enfin de tonnes de discours ponctués de promesses aux actes ? L’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri ? Pourquoi pas donc. Pas besoin d’être cordon – bleu pour savoir qu’on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. « Aux grands maux, les grands remèdes« , dit-on.
Un bémol cependant. Aussi efficace soit-il, un remède vaut ce que vaut le diagnostic. Si celui-ci est biaisé, incomplet, superficiel, partiel et même parcellaire, la thérapie ne sera pas idoine.
La question est de savoir si les guerres dans l’Est sont le simple fait des groupes armés dont les sinistres ADF, ces drôles de rebelles ougandais étonnamment gentils avec le régime Museveni. Le sujet est de se demander s’il suffit de décréter l’état de siège même sur fond de permutation d’unités et de leurs commandants pour en finir avec la terreur dans cette région meurtrie.
Encore faudra-t-il que l’intendance et la logistique suivent pour que les troupes chargées de faire appliquer l’état de siège ne « prélèvent » pas d’autres » types » d’impôts ou tributs sur les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri. La longue jurisprudence de la cohabitation entre militaires et civils est pleine de cas de figure où les premiers sont obligés de truander les seconds pour leur survie.
Plus fondamentalement, à en juger par l’enchevêtrement d’enjeux international, régional, local il s’avère que la solution à la tragédie de l’Est de la RDC sera holistique ou ne sera pas.
En clair, c’est en appuyant sur tous les leviers qui alimentent la kyrielle de conflits armés que l’on peut espérer amorcer la fin de la guerre matricielle. Celle, qui depuis près d’un quart de siècle, a été déclenchée par certains « grands » de ce monde pour des raisons géopolitiques et géostratégiques étrangères aux intérêts nationaux congolais. Cette guerre est synonyme de drame côté congolais lambda et de business chez tous les autres acteurs visibles et invisibles, locaux, régionaux et internationaux.
Au point d’en arriver au niveau où pour nombre de commanditaires et autres sous-traitants à divers étages du conflit la guerre est plus rentable que la paix. Au fond, un classique des conflits armés qui durent.
En un mot comme en cent, si l’état de siège peut être considéré comme une condition nécessaire pour solutionner la question de l’Est, il n’est pas pour autant une condition suffisante.
José NAWEJ