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Plus d'un mois de gâchis: les députés se tournent les pouces
Depuis l'ouverture de la session ordinaire de septembre 2025, essentiellement budgétaire, le nombre de séances plénières organisées par l'Assemblée nationale se compte sur le bout des doigts. Il y a, cependant, beaucoup d'autres matières d'intérêt général auxquelles les élus peuvent s'attaquer. C'est pourquoi, leur apathie inquiète plus d'un Congolais qui n'arrive pas à comprendre ce comportement.
En jetant un regard rétrospectif sur le passé de nos législatures, nous retiendrons que ceux qu'on appelait "Commissaires du peuple '' (députés), bien qu'ayant presté pendant la IIème République sous la dictature mobutiste, ont tiré leur épingle du jeu en bousculant les "commissaires d'État"(ministres) avec des interpellations qui faisaient jaser le peuple. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, en cette période de démocratie, ceux qui ont reçu du peuple le pouvoir de les représenter n'arrivent pas à jouer correctement leur rôle. C'est ce qui justifie cette fracture béante entre eux et leurs électeurs.
Pour preuve, depuis le début de leur mandat après les législatives de décembre 2023, la seule action d'éclat qu'ils ont réalisée est l'obtention de la démission de Vital Kamerhe du perchoir de l'hémicycle de Lingwala. Dans cette affaire, il y a à boire et à manger. L'on raconte que les premiers signataires de la motion sont les plus grands bénéficiaires de ce coup.
Pour revenir à l'indolence des députés, le citoyen lambda estime qu'il y a beaucoup de préoccupations de la population qui doivent interpeller les élus. Au nombre de ces préoccupations, le délabrement de la voirie urbaine qui constitue une des principales causes des embouteillages à Kinshasa. Pour rappel, ce dossier avait poussé un député à adresser une question orale avec débat à l'ancien ministre des Infrastructures et Travaux publics, Alexis Gisaro. Cette question n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour d'une plénière. C'est l'un des reproches que le député Crispin Bindule a fait à Vital Kamerhe. Il a estimé qu'il n'a pas permis aux élus d'exercer leur droit parlementaire.
COMPLICITE FACE AUX CONDITIONS DE VIE PRECAIRES DE LA POPULATION
Il y a également la problématique de la faible desserte en eau potable et en électricité. Le fait de laisser tranquilles les autorités de la Regideso et de la Snel alors que leurs entreprises ne remplissent pas correctement leur mission, frise la complicité.
Pour le commun de mortels des Congolais, le silence des députés face à la précarité des conditions de vie de la population ne constitue qu'une complicité avec ceux qui gèrent la res publica au quotidien. Car, il n'est pas normal qu'ils laissent la situation pourrir sans réagir.
L'insalubrité dans la capitale et dans les grandes agglomérations du pays, cause de certaines épidémies, mérite l'interpellation du gouvernement. De même que le banditisme urbain dont les fameux "Kuluna" sont à la base. Mais malheureusement, rien n'est fait dans ce sens. Cela veut dire que ces fléaux vont perdurer, au grand dam de la population.
Ils sont légion les problèmes auxquels les Congolais font face, et qui nécessitent des solutions urgentes. Tant que les députés qui sont sensés défendre le peuple ne comprennent pas la portée de leurs prérogatives, aucun espoir ne peut se profiler dans l'avenir. Muke MUKE