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"Ozuaka nini tangu olokaka ngayi ?"
"Ozuaka nini tangu olokaka ngayi ? ", entendez ''Que gagnes-tu quand tu me maudis?'' s'interroge la rue, via le rédacteur de ce message. Il s'agit ici d'un problème qui relève, osons-nous dire, de la sorcellerie, du mauvais cœur des personnes. En effet, n'est capable ou n'est disposée à maudire autrui qu'une personne animée de mauvaises intentions. En tout cas, qui n'est pas différente d'un sorcier.
Pour mieux comprendre le message, il est important de connaître ce que signifie le verbe ''koloka'' dans le contexte de ce message, en français ''maudire'', ''jeter un mauvais sort à quelqu'un'', vouer au malheur ; appeler sur (quelqu'un) la malédiction, la colère divine, selon Le Robert Dico en ligne.
Et quand un Congolais vous dit que ''baloki ngayi', entendez ''on m'a maudit'', le malaise psychologique dans lequel se trouve le maudit est parfois difficilement perceptible par un non-Congolais ! La réalité est qu'on ne devient pas jeteur de mauvais sort quiconque le veut.
En effet, il y a une catégorie de personnes qui, fortes de leur mauvais cœur, ont la capacité de maudire qui elles veulent. Parfois pour une cause qui ne tient pas debout. Mais c'est parce qu'elles en ont l'habitude. Et le maudit de leur poser la question de savoir ce qu'elles gagnent en appelant sur lui la malédiction. La question est d'autant plus importante que tout acte à poser contre une autre personne doit être sensé d'apporter du profit au jeteur de la malédiction. Sinon, à quoi bon jeter un mauvais sort à quelqu'un si cela ne profite à rien ?
La question est malheureusement sans réponse. Cependant, seuls ceux qui maudissent qui connaissent le profit qu'ils tirent de leur acte de malédiction. Et puisque le jeteur de mauvais sort est assimilé au sorcier et que celui-ci est pris généralement pour quelqu'un qui n'agit simplement que pour abîmer.
Au-delà de toutes ces considérations, au regard des couleurs (vert et blanc) du véhicule de marque Tata porteur de cette communication, il y a lieu de relever que le messager est un fidèle de l'Eglise kimbanguiste. En effet, en dessous du numéro de la plaque d'immatriculation, les écrits suivants accusent plus l'appartenance religieuse de l'auteur du message ; "Merci mon Dieu pour la gloire". Ecrite sur deux lignes séparées par ''SKK'', j'assimile cette phrase au sigle des noms de Simon Kimbangu Kiangani, le chef spirituel de l'Eglise kimbanguiste.
Kleber KUNGU