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Louis Watum ambitionne de rendre le Congo une puissance industrielle et géologique
« En réalité, comme je l'ai dit au début, en arrivant dans ce ministère, on ne réinvente pas la roue. En fait, c'est une feuille de route qui se traduit en actions concrètes selon la vision du chef de l'État, qui est celle de faire une gestion durable et responsable de ce secteur et, finalement, créer des richesses et faire du Congo une puissance, pas seulement industrielle, mais géologique également, et pas seulement au niveau régional, mais continental et même planétaire. Tout cela a donc été traduit en actions concrètes, articulées autour des différents défis », a indiqué le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba lors d'un panel animé par les journalistes Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One, selon la consœur Finances & Entreprises.
Au cours de cette émission, Louis Watum a présenté les différentes réalisations qu'il a accomplies au cours de cette première année de mandat.
Devoir de recevabilité oblige, chaque membre du Gouvernement Suminwa II s'est prêté à cet exercice afin de rendre compte du bilan de sa première année d'action, a renchéri la source.
Répondant à une question liée à ses réalisations dans le secteur minier durant cette première année, Louis Watum Kabamba a expliqué que sa vision est axée sur les directives reçues du chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi. Une vision traduite en une feuille de route présentant des actions concrètes par une gestion durable et responsable du secteur minier. Avec pour finalité créer des richesses pour faire du pays une puissance industrielle et géologique régionale, continentale et planétaire.
GOUVERNANCE MINIÈRE : 30 000 KM² DE CONCESSIONS RÉCUPÉRÉS
Le tout, traduit en actions concrètes, articulées autour des différents défis : notamment la gouvernance minière, la traçabilité des minerais, la lutte contre la fraude minière, l'encadrement de l'artisanat minier, l'exploration géologique, les partenariats stratégiques et investissements.
Le ministre des Mines a évoqué une forte avancée dans le secteur grâce à la digitalisation du système. Aujourd'hui, le Cadastre minier a récupéré près de 30.000 kilomètres carrés de concessions revenues dans le domaine public afin d'être redistribuées à des personnes ou des structures mieux outillées, tant sur le plan financier que technique, pour découvrir de nouveaux gisements et les exploiter.
En plus, toujours dans le cadre de la gouvernance, Louis Watum a parlé de l'institutionnalisation du dialogue avec la Chambre des mines.
Ce cadre d'échanges avec les opérateurs miniers porte notamment sur les questions de fiscalité, de parafiscalité et sur les zones d'ombre liées à l'application du Code minier.
136 MILLIONS DE DOLLARS VERSÉS AU TRÉSOR PUBLIC
Le laboratoire du CEEC a reçu des équipements de dernière génération qui ont permis de détecter des sous-produits présents dans certains minerais exportés. Selon le ministre, dès le mois d'octobre, cette avancée a permis de générer plus de 136 millions de dollars, entièrement versés au Trésor public.
Pour réaliser cette performance de recettes, le ministre a dû s'attaquer à la lutte contre la fraude minière. C'est dans ce cadre, a-t-il fait savoir, qu'il a effectué plusieurs itinérances dans le pays profond, notamment dans le Lualaba, le Haut-Katanga, le Bas-Uele, le Haut-Uele, le Maniema, l'Ituri et d'autres provinces. Ces missions lui ont permis de prendre des mesures répressives contre les pratiques frauduleuses qui ont élu domicile dans le secteur.
En même temps, Louis Watum s'est lancé aussi dans l'encadrement de l'artisanat minier. À ce sujet, près de 64 zones d'exploitation artisanale ont été mises à disposition. Elles ne sont pas encore effectives, mais le seront prochainement, le temps de les rendre viables.
RÉALISATION DE LA CARTOGRAPHIE GÉOPHYSIQUE AÉROPORTÉE ET GÉOLOGIQUE
Le ministre des Mines a signé un contrat de 180 millions de dollars avec Xcalibur Multiphysics Group SL pour réaliser une cartographie géophysique aéroportée et géologique de l'ensemble du territoire national. Par ailleurs, une équipe s'est rendue au Musée africain de Tervuren afin de récupérer les archives géologiques de la RDC.
La question sur la présence des militaires et des policiers sur les sites miniers a été également évoquée au cours de cette émission. À ce sujet, Louis Watum Kabamba a rassuré que le processus de retrait est en cours d'exécution en collaboration avec l'état-major des Forces armées.
S'agissant des partenariats stratégiques et des investissements, notamment du deal américain, le ministre a affirmé que des résultats concrets sont déjà visibles sur le terrain. Il a cité en exemple la reprise de Chemaf, qui a permis de sauver 2 000 emplois et de sécuriser l'activité de plus de 5 000 à 10 000 creuseurs artisanaux.
Il a indiqué qu'un premier pas a déjà été franchi avec Manono Lithium, qui a réalisé la première exportation de concentré de lithium de l'histoire du pays. Il a projeté le début de la production de sulfate de lithium d'ici à décembre, avec des applications dans plusieurs secteurs industriels, notamment les batteries et la santé.
Enfin, au sujet des allégations portant sur une exportation clandestine de l'uranium, le ministre des Mines a donné une réponse catégorique : « Concernant ces allégations, que je qualifie d'allégations, nous avons choisi de ne pas être sur la défensive, mais d'être totalement ouverts aux critiques et d'y répondre. Nous y avons répondu de manière factuelle et objective, en disant : venez, voici les statistiques, voici comment nous avons respecté, au fil des années, les normes dictées par les institutions internationales en termes de limites acceptables de contenu en uranium pour ce qui est exporté. Et si vous avez mieux à dire, dites-le-nous », a-t-il tranché.
Kléber KUNGU