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Un clin d’œil à l’artiste brazza-congolais Zao pour commencer : comme la » guerre mondio » , le coup d’Etat ce n’est pas bon. Dans l’absolu, assurément.
On peut donc comprendre les protestations de principe enregistrées ici et là à travers le vaste monde chaque fois qu’il y a un putsch. Le coup de force survenu, voici près d’une semaine, à Niamey au Niger n’échappe pas à cette espèce de loi d’airain.
Derrière cette pétition de principe, il y a cependant la réalité. Celle-ci peut même aller jusqu’à légitimer l’illégalité et mécaniquement à invalider le » formalisme » démocratique …apparent.
En clair, on est dans le cas de figure selon lequel les élections -de cycle en cycle- sont devenues une fin en soi. Elles ne servent à rien d’autre qu’à permettre à une poignée d’acteurs politiques de jouir de privilèges que procure l’exercice du pouvoir. Et ce, sans que l’ordinaire des populations ne change guère d’un iota. D’où le désenchantement populaire.
A partir de là, toutes les alternatives aux urnes deviennent tentantes. Y compris la recette favorite des années 60-70. A savoir le pouvoir kaki. Ce régime de coup d’Etat voué aux gémonies, mais perçu comme un pis -aller ou un ultime recours -c’est selon- dans une Afrique où les forces vives n’en peuvent plus de supporter l’incurie des politiciens plus attentionnés à l’endroit de leurs protecteurs nichés, dans la plupart des cas, en Occident que préoccupés par les besoins vitaux de leurs peuples. Notamment la lutte contre la pauvreté et le terrorisme.
Plutôt que de se vautrer dans des jugements moraux sur fond d’anathèmes aussi péremptoires, incantatoires qu’imprécatoires contre tout putsch, les » bien-pensants » d’ici et d’ailleurs seraient inspirés de faire leur la citation d’André Malraux : juger c’est refuser de comprendre.
Sans tomber dans la caricature ni dans des généralisations abusives, il y a bien une lame de fond populaire qui sous-tend la vague du » dégagisme » qui déferle en Afrique de l’Ouest. D’où cet oxymore » coup d’Etat populaire « . A Bamako, Ouagadougou et présentement à Niamey, difficile de soutenir que la rue est opposée à l’immixtion des militaires dans l’arène politique.
La question n’est plus de savoir combien de temps cette caution populaire va durer, mais celle de savoir jusqu’où irait l’effet contagion. Quand on sait que par- delà des spécificités locales et à quelques exceptions près, les problématiques de gouvernance sous les oripeaux du pluralisme politique sont fondamentalement les mêmes sur le Continent.
Il y a un peu plus de trois décennies, le vent charrié depuis l’ex-URSS par la » Perestroïka et la glasnost » emportait les régimes des » parti-Etat » qui étaient la norme en Afrique. Voilà que le pluralisme plaqué comme du vernis plus par mimétisme institutionnel que comme réponse aux vrais défis des pays africains montre ses limites.
Rappelant ainsi aux Africains l’impérieuse nécessité d’imaginer des systèmes de concilier démocratie et progrès. Et non de continuer à enfiler des » prêt-à-porter » cousus ailleurs sans tenir compte des réalités africaines ou encore de consommer sans modération des systèmes politiques » clé en main « . José NAWEJ