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LUTTE CONTRE LES EMBOUTEILLAGES A KINSHASA : L'Hôtel de ville invité à user les manières fortes
Pour la énième fois, le gouvernement provincial de Kinshasa vient d'annoncer une série de mesures pour réduire tant soit peu le casse-tête que constituent les embouteillages monstres dans la capitale. Ce n'est pas la première fois que l'autorité urbaine prend des mesures dans ce sens, mais elles n'ont jamais été suivies d'effets concrets.
Cette fois-ci, le ministre provincial des Transports et voies de communication, Bob Amiso, reçu par radio Okapi, n'a pas précisé la nature desdites mesures. Il a tout simplement exprimé la volonté de l'Hôtel de ville de résoudre le problème d'embouteillages, de parkings des marchés pirates, et d'autres phénomènes qui entravent la circulation sur les différentes chaussées de la capitale. Il y a notamment la problématique de garages sur les voies publiques et l'indiscipline criante des conducteurs de motos.
À ce propos, il importe de noter que quelle que soit la nature des mesures prises, tant que les automobilistes n'arrivent pas à respecter le code de la route, aucune solution ne sera trouvée. Et les automobilistes ne sauront se soumettre à la loi que lorsque les auteurs de contraventions seront sévèrement sanctionnés. Malheureusement, ce n'est pas le cas actuellement. Aujourd'hui, c'est le règne de l'impunité et de la jungle. Les conducteurs n'ont aucun respect envers les éléments de la police spéciale de circulation routière (PCR). Ces derniers sont eux-mêmes responsables du mépris dont ils sont l'objet pour avoir bradé leur autorité à cause des pots- de-vin qu'ils quémandent auprès de ces automobilistes qu'ils sont sensés réprimer.
Outre les chauffeurs et les éléments de la PCR, il y a les autorités politiques et de la police qu'il sied de pointer du doigt. Leur indolence vis-à-vis des auteurs de différents actes répréhensibles est l'une des causes majeures de l'indiscipline enregistrée dans nos routes.
L'occupation anarchique de chaussées, une de causes des embouteillages, est due essentiellement au fait que les autorités municipales se contentent de percevoir des patentes auprès des propriétaires de garages et de vendeurs des marchés pirates. Le fait, pour ces derniers, de s'acquitter de ce devoir, ils se sentent en ordre vis-à-vis de l'État. Et personne ne peut les inquiéter.
À analyser au fond cet imbroglio que d'aucuns stigmatisent, il est facile de conclure que les responsabilités sont partagées à différents niveaux. Du citoyen ordinaire à l'autorité urbaine voire centrale, en passant par les bourgmestres et les chefs de quartiers, personne ne peut être épargné. Tous sont consciemment ou inconsciemment coupables.
La situation étant ce qu'elle est, il ne sert à rien de réciter un chapelet de jérémiades pour rien. L'heure est aux actions concrètes pour éviter la descente aux enfers. Pour ce, le gouvernement provincial est invité à saisir le taureau par les cornes.
Fini la complaisance dans le suivi des mesures prises et dans la prise de sanctions contre les contrevenants, parce qu'il est établi que cette défaillance pousse les inciviques à récidiver dans leur indiscipline. "La loi est dure mais c'est la loi", dit un célèbre adage.
Pour preuve, nous avons constaté qu'à l'avènement de l'AFDL au pouvoir, Laurent- Désiré Kabila avait instauré une discipline de fer qui a mis tous les Congolais au pas, particulièrement les chauffeurs. Ceux-ci n'ont eu aucune possibilité de protester face aux éléments de la PCR lorsqu'ils étaient réprimés. Il faut que les autorités adoptent la même rigueur.
Ce qu'il faut aussi c'est l'éducation des masses en amont. Il ressort des enquêtes menées que le Congolais est généralement têtu et hostile au changement. Il est habitué aux antivaleurs. Pour le transformer, il faut recourir à la manière forte, sans quoi aucune mesure, soit-elle salutaire, ne donnera des résultats escomptés.
Muke MUKE