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Lovo: Le Service national sollicite l’appui du gouvernement pour sauver 500 hectares de terres agricoles
À perte de vue, une étendue verte, fertile, mais assoiffée. Le Centre de production agricole du Service national, situé à Lovo, au Kongo-Central, à près de 150 kilomètres de Kinshasa, porte en lui la promesse d’abondantes récoltes. Mais une promesse encore suspendue au ciel : la pluie s’y fait rare, freinant l’élan d’un projet pourtant vital pour la sécurité alimentaire.
En mission d’inspection le mercredi, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, a tiré la sonnette d’alarme. «Le sol est bon, l’eau est là. Mais le problème, c’est le climat. Ici, il n’y a pas assez de pluies. Sans irrigation, il est difficile de maximiser la production», prévient-il, debout sur cette vaste plaine agricole de près de 500 hectares.
Sans l’irrigation, ce site restera sous-exploité
L’enjeu est clair : sans un système d’irrigation moderne, ce site stratégique restera sous-exploité. Pourtant, sa proximité avec Kinshasa et sa facilité d’accès via la route nationale numéro 1 en font un atout majeur. «Si nous parvenons à produire en quantité, les denrées peuvent être acheminées rapidement à Kinshasa. Mais il faut investir dans l’irrigation. Cela nécessite plusieurs millions de dollars», explique le commandant.
Outre l’eau, l’accessibilité des machines agricoles reste un défi. Le fleuve à franchir pour rejoindre certaines terres, notamment celles de Koundi, impose un investissement urgent dans un bac de grande capacité. «Le bac actuel ne peut supporter que 15 à 20 tonnes. Nos engins agricoles sont bien plus lourds. Pour produire, il faut d’abord améliorer les routes et disposer d’un bac d’au moins 100 tonnes», plaide le lieutenant-général.
Au-delà des champs de Lovo, le Service national diversifie ses efforts. À Kimpese, non loin de là, l’atelier de menuiserie bat son plein. Le vacarme des machines y résonne comme une promesse de transformation sociale. Des jeunes autrefois marginalisés, réinsérés par le Service national, façonnent aujourd’hui des bancs et des meubles destinés aux écoles, universités et instituts supérieurs du Kongo Central.
L’ambition est claire : doter chaque province d’ateliers similaires pour répondre aux besoins criants en mobilier scolaire.
Il ne manque que l’appui du gouvernement
Lovo n’est pas seulement une terre à cultiver, c’est un symbole. Celui d’une agriculture congolaise capable de nourrir ses populations si l’État investit dans les infrastructures de base. «Ici, tout est prêt : la terre, les hommes, la volonté. Il ne manque que l’appui du gouvernement pour franchir ce cap», insiste Jean-Pierre Kasongo Kabwik.
Entre champs en attente d’eau et ateliers où le bois se transforme en bancs, le Service national trace ainsi un sillon : celui d’une armée citoyenne au service du développement, qui appelle à transformer les promesses en réalités tangibles.
Jérémie ASOKO