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Les intervenants proposent d’adapter nos enseignements au contexte africain
Réfléchir sur le développement de la société congolaise, c’est l’une des tâches à laquelle s’adonnent les chercheurs, les professeurs ou les scientifiques de la RDC. Et pour partager les résultats de leurs recherches, un espace leur a été offert lors de la conférence doctorale de l’Institut supérieur pédagogique de la Gombe (ISP/Gombe), organisé le samedi 24 mai.
Articulée autour du thème «Ecole des autres», les intervenants de cet espace d’échange sont d’avis qu’il faut proposer des connaissances adaptées à l’Afrique, se référer aux autres tout en contextualisant cela à la culture africaine.
Cette conférence a aussi permis d’outiller les mastérants et les doctorants didactiques des disciplines de cet établissement d’enseignement.
Le professeur Pascal Isumbisho, de l’ISP Gombe, a axé son intervention autour du sous-thème «Ecole des autres : une réflexion sur notre responsabilité dans le façonnement des attitudes et aptitudes». Il a mis l’accent sur les caractéristiques observées dans les écoles sous d’autres cieux, telles que la rigueur dans le travail, l’objectivité, le respect, la libre pensée… Il y a des écoles asiatiques, occidentales, il s’est posé la question de savoir s’il existe une école congolaise. «S’il existe une école congolaise, il y a un paradoxe entre les connaissances et les compétences», a indiqué l’intervenant.
Car, selon lui, il est difficile à la population congolaise de mettre en pratique les connaissances reçues. «Il est vrai que les Chinois et autres Asiatiques ont copié sur les écoles américaines ou occidentales, mais ils ont appliqué cela à leur réalité, leur contexte, leur culture. C’est ainsi qu’aujourd’hui ils sont développés. Nous devons donc apprendre des autres mais ne pas répliquer à l’identique, mais plutôt réinventer ces connaissances à la réalité de notre pays», a fait savoir le directeur de l’Ecole doctorale de l’ISP/Gombe.
Renouer la théorie à la pratique
Le professeur Bosomi Denis s’est penché sur «L’épistémologie à l’africaine». Dans son intervention, il a proposé de revoir l’enseignement avec des mécanismes pour une épistémologie qui pourra booster le pays. Abondant dans le même sens que son prédécesseur, l’enseignant affirme qu’il est essentiel de renouer la pratique et la théorie. «Il faut débureaucratiser la science. Ici, en Afrique en général, au Congo en particulier, une personne a de la valeur que lorsqu’elle travaille dans un bureau, ce qui n’est pas le cas sous d’autres cieux. Pour une épistémologie à l’africaine, il nous faut un mode de pensée à l’africaine».
A son tour, le professeur Patience Kamanga a partagé avec l’assistance sa réflexion sur «L’état, système éducatif, globalisation et souveraineté : regard sur les études conduisant au doctorat en RDC». Avec la globalisation, l’orateur a invité l’assistance s’adapter aux nouvelles conditions mais de les contextualiser à notre système éducatif. Et cela passe aussi par la question du multi-linguisme et la nécessité d’adapter le système LMD aux universités congolaises.
Cette activité s’est tenue sous la houlette du Secrétaire général chargé de la recherche à l’ISP/Gombe, le professeur Jean-Marie Mbwebwa. Il a, par ailleurs, indiqué que cette conférence offre aux chercheurs l’opportunité de penser à l’apport que leurs recherches scientifiques pourraient ajouter à l’édifice pour l’amélioration des pratiques d’enseignement.
Fyfy Solange TANGAMU