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Kinshasa appelle à la vigilance et se dit prêt à assister ses ressortissants
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud, tout en annonçant un suivi rapproché de la situation des Congolais sur place. Kinshasa n'exclut pas des mesures d'assistance, y compris un éventuel rapatriement, selon l'évolution du contexte sécuritaire.
Lors d'un briefing de presse à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a assuré que les autorités congolaises restent pleinement mobilisées. Il a notamment mis en avant la coordination étroite avec la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, en contact régulier avec les diplomates congolais déployés sur le terrain.
"Nous suivons de très près la situation. Si des dispositions doivent être prises pour venir en aide à nos compatriotes, y compris pour un éventuel retour, elles seront examinées au cas par cas", a-t-il déclaré, appelant les Congolais vivant en Afrique du Sud à faire preuve de prudence et à éviter les zones à risque.
"Dudula", la pique xénophobe
Sur place, plusieurs régions sud-africaines sont secouées par des mouvements xénophobes, notamment le phénomène dit "Dudula", impliquant des groupes qui s'en prennent aux migrants africains, accusés de concurrencer la main-d'œuvre locale. Les ressortissants congolais figurent parmi les victimes de ces violences récurrentes.
Eviter tout attroupement et toute interaction avec les manifestants
Face à cette montée des tensions, l'ambassade de la RDC à Pretoria a lancé une alerte à destination de ses ressortissants, en particulier dans les provinces du KwaZulu-Natal et du Cap-Occidental, identifiées comme zones sensibles.
Dans un communiqué, la représentation diplomatique recommande d'éviter tout attroupement et toute interaction avec les manifestants. Elle appelle également à limiter les déplacements non essentiels et à renforcer les mesures de sécurité autour des domiciles et des lieux d'activité.
Protection des migrants
Les autorités insistent, en outre, sur la nécessité de se référer exclusivement aux canaux officiels d'information afin d'éviter toute désinformation susceptible d'aggraver les risques.
La prise de position de Kinshasa intervient dans un climat de forte inquiétude au sein des communautés étrangères en Afrique du Sud, régulièrement ciblées lors de flambées de violences xénophobes.
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, la situation relance la question de la protection des migrants africains et appelle à une réponse coordonnée des États concernés pour garantir la sécurité de leurs ressortissants.
Pour Kinshasa, l'urgence est double : protéger ses citoyens et anticiper toute évolution susceptible d'exiger une intervention plus directe.
Jérémie ASOKO