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Le cercle vicieux des hold-up électoraux et putschs…kaki
Faut-il s’en féliciter ? Faut-il en pleurer ? Faut-il en rire ? A priori, vu de Guinée -Conakry, cela dépendra de la chapelle, mieux de la mosquée où on communie. Selon qu’on soit anti ou pro-Condé ou alors suivant qu’on a opté pour l’autodérision curative à la Sigmund Freud, le « pape » de la psychanalyse moderne.
Plus fondamentalement, le coup d’Etat d’hier à Conakry parle à toute l’Afrique. « Comparaison n’est pas raison« , on en convient. Mais, une fois qu’on aura fini de brandir cette formule flaubertienne au demeurant éculée devenue proverbe, apparaissent dans toute leur nudité des constantes africaines.
Lorsque le Président Alpha Condé brigue un troisième mandat, il ne fait rien d’autre que s’aménager des « accommodements raisonnables » par rapport à la Constitution. Ce que les juristes- constitutionnalistes- acquis au pouvoir actualisent avec un rare talent n’est pas forcément du goût de la majorité silencieuse.
Lorsqu’Alpha Condé organise les élections qu’il gagne comme par préemption, ce n’est assurément pas la paix sociale qui sort ragaillardie de cet exercice plus plébiscitaire qu’électoral. Lorsque, par-dessus le marché, le Président réélu -trois fois- réduit au silence ses opposants, il jette la dernière pelletée de terre sur la nécessaire décrispation.
Si à côté de ce raidissement politique, le social demeure la cinquième roue du carrosse. Et que la tendance au favoritisme familial, tribal, ethnique, provincial… va crescendo, les prétextes sont réunis pour voir des militaires entrer en transe et en danse. Et ce, en se servant du « peuple » comme paravent à leur effraction et infraction.
Quitte à se fendre de l’un des sigles post-coup d’Etat dont les officiers africains sont coutumiers : Comité militaire de salut public, Comité militaire de redressement national et tutti quanti … Ce peuple qui demeure le dindon de la farce en ce que tout le monde l’invoque et l’évoque pour justifier l’imposture.
Le Président Alpha Condé a étalé la panoplie d’outrances de nombre de ses pairs depuis que La Baule suivie de conférences nationales a produit la démocratie de l’affichage presque partout sur le Continent. Ces élections-alibi sanctionnant des processus démocratiques « cache-misères » de la concentration des pouvoirs entre les mains du Président…élu ou réélu. Symétriquement, les militaires guinéens sont passés par toutes ces cases que les Africains connaissent par cœur.
Difficile de prendre leurs bonnes résolutions pour parole d’Evangile quand on sait que nombre des putschistes inaugurent leur ère avec les mêmes propos lénifiants avant de prendre goût au pouvoir, l’ivresse du lait aidant. Ainsi naissent et se consolident les cercles vicieux hold-up électoral sur fond de mauvaise gouvernance -coup d’Etat militaire. Comment sortir de cette quadrature du cercle ?
Vaste question qui renvoie à une autre : 60 ans après les indépendances, les Africains doivent-ils continuer à enfiler le prêt-à-porter constitutionnel, institutionnel et politique au fil des modes qui font florès ailleurs ?
José NAWEJ