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Le bourbier afghan et ses leçons à large spectre
Coucou les revoici ! Les Taliban sont de retour à Kaboul ! Eux qui en avaient été chassés, voici 20 ans par une « coalition internationale » pilotée par les Etats-Unis d’Amérique. Symétriquement, ce come-back sur fond du retrait des troupes occidentales est synonyme de victoire des islamistes sur les forces de l’Otan. Pas de « Veni, vidi, vici » cher à Jules César pour les Américains et leurs alliés.
Le vaste monde est, certes, devenu ce « village planétaire » prophétisé par le théoricien de la communication canadien, Marshall McLuhan. Reste que même si les NTIC rapprochent les gens comme jamais auparavant, les » puissants » de la planète Terre et leurs technostructures n’en continuent pas moins de dicter leur code, leur grille de lecture et même leur tempo communicationnel au reste du monde.
Ainsi, le retour victorieux des Taliban n’est nulle part présenté pour ce qu’il est vraiment. A savoir, l’échec des puissances de l’OTAN avec à leur tête les Etats-Unis d’Amérique dans leur entreprise de consolider une Afghanistan sans combattants islamistes.
Il y a vingt ans, au lendemain des attentats du 11 septembre, le Président Bush fils avait l’occasion d’expérimenter sa vision de remodeler l’Orient arabo-musulman afin de l’arrimer aux » valeurs démocratiques « . En clair, il était question d’exporter la « démocratie » à l’occidentale dans cet « Orient » compliqué – dixit le Général De Gaulle – parce que complexe.
Deux décennies plus tard, les Américains ont entrepris de se retirer -on dirait sur la pointe des bottes- du bourbier afghan. A la suite des soldats américains, toutes les armées alliées au sein de l’Otan se sont mises à se désengager d’Afghanistan. Le processus s’est accéléré ces deux derniers jours avec la prise de Kaboul par les insurgés islamistes.
Le chaudron afghan a décidément, tout d’un Canossa pour les superpuissances. En décembre 1979, les troupes de l’Armée rouge (URSS) intervenaient en Afghanistan pour soutenir l’une des factions communistes au pouvoir à Kaboul. Près de dix ans plus tard, l’Union soviétique a dû retirer son armada à la suite de la résistance de ce qu’on appelait déjà… les moudjahidins (guerriers saints) soutenus, il est vrai, par les Etats-Unis, guerre froide oblige.
Tout en se gardant de prendre des libertés avec le diction selon lequel » comparaison n’est pas raison « , il n’en demeure pas moins que le cas afghan illustre les limites des « solutions clé en mains » que les Africains attendent souvent des Occidentaux.
La propension très africaine et partant très zaïro-congolaise de croire que la toute- puissance de l’Occident suffit pour garantir la paix, la démocratie et la prospérité est un leurre. Chaque peuple est appelé à puiser dans son génie pour apporter des réponses à ses crises. Des » solutions-vernis » ne sont que des palliatifs à court terme.
Car, comme le soutient l’écrivain-philosophe québécois, on ne libère pas un peuple, il se libère lui-même. On ne développe pas un peuple, il se développe. On n’apporte pas non plus la démocratie comme un prêt -à- porter.
José NAWEJ