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Kwamouth, l’échantillon de l’autre Congo
Bourgade située dans le Maindombe, Kwamouth se rappelle au bon souvenir du Gouvernement central. Il a fallu que la tragédie atteigne l’overdose pour voir des ministres débarquer dans ce coin de la République. Eu égard au nombre de victimes des affrontements intercommunautaires, le proverbe selon lequel » à quelque chose malheur est bon » est certes à la limite de l’indécence.
N’empêche que c’est hélas, ce bilan macabre qui a valu à Kwamouth de recevoir des ministres du Pouvoir central. Et, de ce fait, sortir le temps de cette visite, de sa sempiternelle condition d’arrière-boutique oubliée que cette cité partage avec quantité d’autres localités de l’autre Congo. Celui dont on ne parle presque pas. Celui qui n’intéresse pas grand-monde. A commencer par les dirigeants drapés dans le jacobinisme kinois hérité des années Mobutu. Un centralisme à outrance auquel on ne déroge que pour s’intéresser aux carrés miniers du Katanga ou au désordre payant de l’Est du pays. Ce dernier dada n’étant pas la spécialité exclusive de Kinshasa. Des représentations consulaires occidentales, des ONGS sont plus sensibles à la misère » coltanisée » du Kivu qu’à la souffrance gratuite dans le Maindombe.
Sur les feux de l’actualité mortifère, Kwamouth est l’échantillon représentatif de tous ces pans du territoire national très insuffisamment couverts par le maillage territorial. Quand ils existent, les leviers du pouvoir régalien sont rarement connectés au pouvoir central.
Présenté comme antidote à la très longue distance entre gouvernants basés à Kinshasa et gouvernés, les assemblées et gouvernements provinciaux peinent à s’incarner sur le terrain, faute de ressources correspondant à leurs attributions et charges constitutionnelles. Dépourvus de moyens de leur politique, ils n’ont même pas de quoi faire la politique de leurs moyens. De guerre lasse ou en désespoir de cause, nombre de responsables provinciaux passent le plus clair de leur temps dans la capitale.
Kinshasa, étant cette devanture achalandée façon bling bling d’une boutique vide ! Comme pour valider la théorie marxiste du centre et de la périphérie, l’arrière-boutique commence dès les faubourgs de la capitale qui sont déjà à des années-lumière de la très chic Gombe !
Présenté comme la potion magique pour booster le pays profond, le projet de développement de 145 territoires ressemble -jusqu’ici- à ce serpent de mer qui enrichit le musée -déjà fort bien garni- de promesses et autres slogans . » Objectif… 0, Plan Mobutu, Cinq chantiers, La révolution de la modernité, L’Allemagne d’Afrique, Avènement des millionnaires congolais… » Chaque régime y est allé de ses annonces qui, toutes ou presque, recoupent l’expression » demain on rase gratis« . Ou valident la vieille citation mise à jour notamment par l’ancien président français Jacques Chirac, à savoir » les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ou y croient« .
José NAWEJ