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Kipushi : la prison de Boma confrontée à la surpopulation
La prison de Boma, située dans le territoire de Kipushi au Haut-Katanga, traverse une situation critique marquée par la surpopulation carcérale, le manque de nourriture et la lenteur des procédures judiciaires. C'est ce que révèle un rapport du Cadre de concertation de la Société civile - Observatoire citoyen de sécurité régional Grand Katanga (GSP), publié à l'issue d'une mission d'évaluation menée avec la commission PAJ et Genre, Famille de l'Assemblée provinciale.
Selon ce document, la prison compte actuellement 431 détenus, dont 298 prévenus. Plusieurs pensionnaires seraient détenus depuis plus de trois ans sans jugement, dans un contexte de lourdeur judiciaire dénoncé par les experts de la société civile.
Le rapport indique également que l'établissement pénitentiaire vit presque depuis deux ans sans ration alimentaire régulière. La seule assistance signalée provient du gouvernement provincial, en février 2026.
Les responsables évoquent un manque criant de nourriture de base ainsi que des difficultés liées au transport des corps des détenus décédés.
CONDITIONS DE TRAVAIL DES SURVEILLANTS AUSSI PREOCCUPANTES
Les conditions de travail des surveillants pénitentiaires sont aussi jugées préoccupantes, en raison d'une mauvaise prise en charge du personnel.
La mission dénonce, par ailleurs, le coût élevé des procédures de liberté provisoire, estimé entre 500 et 2000 dollars américains, y compris pour des infractions qualifiées de mineures. Selon les experts, cette situation touche principalement des personnes démunies vivant dans les territoires du Haut-Katanga.
Face à cette situation, le Cadre de concertation de la Société civile recommande une intervention urgente du ministère de la Justice et du gouvernement provincial. L'organisation plaide aussi pour la création d'une commission permanente mixte entre l'Assemblée provinciale et la société civile afin de suivre la situation des prisons et contribuer à leur décongestion.
Parmi les autres recommandations figurent la construction de nouveaux auditoires pour accélérer les jugements, l'approvisionnement régulier des prisons en kits médicaux et alimentaires, ainsi que la mise en place d'une commission judiciaire chargée d'examiner les dossiers des détenus en situation irrégulière.
Patient Mubiayi MBY