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Kinshasa : des médias congolais en visite au Grand Tambour
Des journalistes congolais ont pris part, lundi 16 mars à Kinshasa, à une visite du Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC), connu sous le nom de «Grand Tambour». Cette activité, ponctuée par un échange avec les responsables du centre, avait pour objectif de mettre en lumière les potentialités de cette infrastructure culturelle.
Au fil de la visite, les professionnels des médias ont parcouru les différents espaces de ce complexe moderne, conçu selon des normes internationales. L’architecture du bâtiment, inspirée notamment de l’esthétique kuba, traduit une rencontre entre héritage culturel africain et conception contemporaine.
Le «Grand Tambour», qui donne son identité au centre, renvoie à une forte symbolique. Dans la tradition congolaise, il représente un outil de communication collective, utilisé pour transmettre des messages, mobiliser et rassembler les communautés. Sa forme circulaire symbolise l’unité et l’équilibre social.
Mis en service le 14 décembre 2024 par le président Félix Tshisekedi, le CCAPAC se veut un levier majeur pour le développement culturel en RDC et dans l’espace d’Afrique centrale. Sa réalisation a bénéficié d’un financement important du gouvernement chinois, dans le cadre de la coopération bilatérale engagée depuis 2019. Le site comprend plusieurs infrastructures destinées aux activités artistiques et culturelles. Parmi elles figurent une grande salle de spectacles de 2.000 places et un théâtre de 800 places. Ces espaces sont adaptés aussi bien aux représentations artistiques qu’aux événements institutionnels ou aux productions audiovisuelles.
Sur le plan technique, le centre dispose d’équipements modernes, notamment un système de sonorisation performant et une alimentation électrique autonome assurée par un groupe électrogène, avec des dispositifs de secours. Des installations de sécurité incendie et des mécanismes destinés à limiter les interférences techniques contribuent également au bon fonctionnement du complexe.
Les journalistes ont également accédé aux espaces dédiés aux artistes et aux équipes techniques, notamment les loges, les coulisses, une fosse scénique adaptable ainsi que des salles de répétition pouvant faire office de studios. Le site est en outre doté d’un parking d’une capacité de plus de 400 véhicules.
Découvrir le centre au-delà de ses salles
Intervenant à cette occasion, le chargé des médias du centre, Rémy-Césaire Tshiamala Dinanga, a expliqué la démarche entreprise :
«Il était important pour nous de permettre aux professionnels des médias de découvrir le centre au-delà de ses salles. Il y a toute une vie ici», a-t-il indiqué.
Il a par ailleurs rappelé que le CCAPAC constitue un instrument clé pour la souveraineté culturelle de la RDC, tout en déplorant l’absence d’un financement régulier de l’État depuis sa mise en service.
«Un accompagnement de l’État est nécessaire pour garantir la continuité et la pérennité des activités», a-t-il ajouté.
Malgré ces défis, la direction du centre, placée sous la responsabilité de Balufu Bakupa-Kanyinda, poursuit les activités grâce à des ressources ponctuelles.
Le CCAPAC s’est fixé pour missions de valoriser les arts congolais et africains, de soutenir la création artistique, de favoriser la participation citoyenne et de renforcer les échanges culturels, tout en contribuant au développement socio-économique.
Concernant la programmation, plusieurs activités sont annoncées dans les prochaines semaines.
Le mois de mars, a dit M. Remy-Cesaire, est dédié aux Journées congolaises de l’image de la femme africaine, tandis qu’un hommage à Papa Wemba est prévu en avril, à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition.
S’agissant de la location des espaces, ce responsable du centre a indiqué que les tarifs sont établis en tenant compte des charges d’entretien et du personnel, avec une certaine flexibilité selon les besoins.
Cette ouverture du Grand tambour aux médias, entend consolider sa visibilité et s’affirmer comme un pôle culturel de référence en RDC et dans la sous-région.
Tricya MUSANSI