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Kasaï : Impayés, les enseignants de Kamonia en colère
*Une crise salariale persistante plonge les enseignants dans la précarité.
Les enseignants de Kamonia sont en colère. Confrontés à des retards de paiement répétés de leurs salaires, ces enseignants de la province du Kasaï exigent l'apurement de leurs arriérés. Alors que les mois de juin et juillet 2025 n’ont toujours pas été réglés, les professionnels de l’éducation dénoncent avec véhémence une nouvelle tentative de geler le seul mois de salaire, au mépris de leurs droits et de leurs besoins urgents.
Dimanche 03 août, un communiqué diffusé par une banque de la place a jeté de l’huile sur le feu. La banque y annonçait l’envoi de ses agents pour le paiement des salaires, mais en ne mentionnant qu’un seul mois d’arriérés. Une décision jugée inacceptable par les enseignants, qui réclament avec insistance le versement intégral des deux mois impayés.
«Nous attendons nos deux mois de salaire. Un mois ne suffit pas !», s’indignent-ils, soulignant qu’après plus de 70 jours d’attente sans justification officielle, cette mesure partielle ne répond en rien à leurs attentes.
Les conséquences de ces retards se font cruellement sentir dans les foyers des enseignants. Plusieurs d’entre eux affirment avoir dû s’endetter lourdement pour permettre à leurs enfants de passer les examens d’État.
Avec la rentrée scolaire imminente, le montant d’un seul mois de salaire ne leur permettra ni de rembourser leurs dettes, ni de couvrir les frais scolaires à venir.
«Comment voulez-vous que nous préparions la rentrée ? Les fournitures, les uniformes, les frais d’inscription… Tout cela nécessite des fonds que nous n’avons pas», déplore un enseignant sous couvert d’anonymat.
DES DYSFONCTIONNEMENTS RÉCURRENTS
Les enseignants accusent la banque de «manœuvres dilatoires» et dénoncent des problèmes persistants dans la gestion des salaires depuis le début de l’année. Selon eux, ces retards à répétition ne sont pas le fruit du hasard, mais relèvent d’une mauvaise gestion, voire d’une négligence caractérisée.
«Cette banque ne respecte pas ses engagements. Nous exigeons que l’État nous affecte à une autre institution bancaire plus fiable», martèlent-ils.
Face à l’urgence, les enseignants ont adressé un avertissement sans équivoque: si ce mercredi 6 août, les agents de ladite banque ne se présentent qu’avec un seul mois de salaire, ils refuseront catégoriquement de percevoir les fonds.
«Nous n’allons rien accepter en dessous de ce qui nous est dû. Si rien ne bouge, nous serons obligés de nous mobiliser massivement», préviennent-ils.
Avec la rentrée scolaire dans quelques semaines, la tension est palpable. Les syndicats d’enseignants pourraient rapidement organiser des mouvements de protestation si une solution durable n’est pas trouvée. Une telle mobilisation risquerait de paralyser le système éducatif dans la région, déjà fragilisé par des années de défis structurels.
Les enseignants en appellent aux plus hautes autorités provinciales et nationales pour une résolution immédiate de cette crise. Ils exigent le paiement intégral des salaires des mois de juin et juillet 2025 sans délai; une enquête transparente sur les dysfonctionnements de la banque concernée, et un changement de banque payeuse si les retards persistent.
Cette situation évoque les failles du système de paiement des salaires des fonctionnaires dans la province du Kasaï, particulièrement dans les zones reculées. Si aucune mesure concrète n’est prise rapidement, Kamonia pourrait devenir l’épicentre d’un mouvement de protestation plus large, avec des répercussions sur la stabilité sociale et éducative de toute la province.
Félix MULUMBA KALEMBA