Dernière minute
Société
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Derrière les allures d’un simple communiqué de clarification, la récente sortie du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ressemble davantage à une opération…
Étranger
Montréal - Le Canada "reconnaît le plan d’autonomie" proposé par le Maroc "comme base pour une solution mutuellement acceptable" au différend régional autour du Sahara marocain.
Cette…
Nation
Le Japon a offert à la Fédération nationale des femmes protestantes du Congo (FNFPC) de l'Eglise du Christ au Congo) un bâtiment scolaire de plain-pied, deux ateliers, deux bureaux …
Kananga : Lucha et Filimbi réclament la démission du maire après la répression d'une marche
La tension est montée d'un cran à Kananga, dans la province du Kasaï-Central, le samedi 2 août, au lendemain de la répression d'une marche pacifique organisée par les mouvements citoyens Lucha et Filimbi à l'occasion de la Journée internationale de commémoration des génocides congolais (Genocost).
Prévue pour honorer la mémoire des victimes des violences passées, notamment celles perpétrées dans la commune de Nganza, la manifestation s'est heurtée à une intervention brutale des forces de l'ordre. Les organisateurs affirment avoir respecté les délais légaux de notification aux autorités, mais cela n'a pas empêché une dispersion musclée, l'arrestation de plusieurs militants et la confiscation du matériel de sensibilisation.
Dans une déclaration conjointe, les deux mouvements dénoncent une "violation grave des libertés fondamentales " et tiennent le maire de Kananga pour responsable de ces dérives. Ils exigent sa démission immédiate, l'accusant d'avoir manqué à son devoir de protection des droits civiques et d'avoir cautionné la répression d'une initiative pacifique et légitime.
" Nous n'avons fait qu'exercer un droit garanti par la Constitution. Ce que nous avons subi est inacceptable ", a réagi un représentant de Lucha, appelant les autorités provinciales et nationales à ouvrir une enquête.
Le lieu symbolique choisi pour la manifestation, le monument Kamuina Nsapu, témoignait de l'intention des militants de faire mémoire dans la dignité. " Le devoir de mémoire est une étape cruciale pour prévenir de nouvelles tragédies ", rappellent-ils.
RÉACTION DE LA MAIRIE
Le cabinet du maire de Kananga, Rose Muadi Musube, a réagi à la polémique entourant la dispersion des manifestants de la Lucha et de Filimbi, qui commémoraient les victimes du "Genocost". Via une intervention de Gilbert Kalumbu, attaché de presse de la mairie, l'autorité urbaine a précisé les événements et défendu les actions de la police.
Selon Gilbert Kalumbu, le maire a répondu favorablement à la demande des deux mouvements de manifester dans la commune de Nganza. Cependant, elle les a invités à se joindre à une messe officielle organisée à la pro-cathédrale Saint-Clément, à laquelle toutes les autorités de la ville, y compris le gouverneur de province, devaient participer. L'objectif était d'éviter d'organiser deux événements commémoratifs parallèles pour le même objectif.
Gilbert Kalumbu a ajouté qu'après la messe, toutes les autorités de la ville s'étaient rendues au rond-point Immokasaï pour s'incliner devant un mémorial, comme convenu. L'attaché de presse a affirmé avoir personnellement contacté, la veille de l'événement, les représentants de la Lucha et de Filimbi, Jean-Calvin notamment, pour trouver un compromis. Les deux parties s'étaient entendues sur le fait de se retrouver à la messe puis au mémorial. Mais, il regrette que les militants ne soient pas venus.
Concernant les événements de la commune de Nganza, Gilbert Kalumbu a insisté sur le fait que la population elle-même a été à l'origine de l'intervention policière. " La population a vu subitement un groupe de gens qui sortaient, on ne sait pas de quel coin, où ce groupe-là a plutôt commencé à installer des bougies, des drapeaux, " a-t-il déclaré. Dans une commune "victime" et dans le contexte d'insécurité actuel en RDC, la population aurait perçu ces gestes comme des "incantations diaboliques" et a alerté la police.
" C'était pendant la nuit, s'il vous plaît. Pendant la nuit, vous allumez des bougies, vous installez des drapeaux, " a-t-il martelé, justifiant ainsi l'intervention de la police qui a dispersé les manifestants pour "protéger les personnes ainsi que leurs biens".
Pour l'attaché de presse, la mairie n'a commis aucune erreur. Les autorités de la ville avaient organisé un événement officiel, et la Lucha et Filimbi étaient invités à y prendre part. Il a appelé les deux mouvements à faire preuve de patriotisme en accompagnant les autorités provinciales et urbaines dans leurs actions pour le bien de la province.
Félix Mulumba Kalemba