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Kalemie : La FAO, l'UNFPA et le HCR au front pour encourager la cohésion sociale à Lukwangulo
A Lukwangulo, village de plus ou moins 300 ménages, situé à 14 km de la ville de Kalemie dans la province du Tanganyika, les twa et les bantu sont désormais un seul peuple. Après plusieurs années de conflits, il était temps pour eux de tourner la page et de repartir sur de bonnes bases. C'est ainsi que les partenaires du gouvernement dont l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO); le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se sont mis ensemble pour des actions coordonnées pour accompagner ceux qui avaient tout perdu, de se reconstruire, ceux qui se sont déplacés, de retourner et d'avoir des moyens nécessaires pour les activités génératrices de revenus. Pour y arriver, il fallait d'abord organiser des formations élémentaires sur la cohésion nationale, le vivre ensemble, et comment gérer les unités de production telles le champ, l'élevage des chèvres et autres.
Pour le point focal FAO à Nyunzu, Raymond Tshiengi, sa structure avait créé 3 clubs "Dimitra" entendez club d'écoute avec plus ou moins 80 personnes avec un comité de gestion à la tête de chaque club Dimitra pour coordonner les autres et faire le suivi de l'approche d'auto prise en charge. Il y a eu beaucoup de séances de sensibilisation pour un rapprochement sincère entre les deux peuples. 2000 chèvres ont étés distribuées au village, chaque ménage en avait reçu 3 chèvres et 1 bouc pour augmenter leur multiplication.
Satisfaction d'une bénéficiaire
Mme Clémentine Mvumilia du village Lukwangulo, la quarantaine, mère de famille, a exprimé sa satisfaction en ces termes: "Je remercie les partenaires pour leur accompagnement. Après les conflits qui nous a divisés depuis plusieurs années, nous avons opté pour le vivre ensemble. Grâce à la FAO, nous avons qui nous aide à soutenir la scolarisation de nos enfants. Nous travaillons ensemble twa et bantu nous sommes un seul peuple. Nous allons au champ ensemble, même au marché que les partenaires ont construit pour nous. Nous vendons ensemble".
Cependant, elle a évoqué plusieurs défis. "Avec la stabilité actuelle au village, beaucoup de gens qui avaient quitté le village, commencent à retourner. Du coup, ils se tournent le pouce. Nous demandons aux partenaires d'accompagner les nouveaux retournés afin qu'ils aient une activité, donc les moyens de subsistance pour éviter que d'autres conflits surgissent". Aussi, a-t-elle "sollicité des tôles pour les toitures de leurs maisons, car la paille est source de beaucoup d'incendies".
Pour sa part, le modérateur d'un club Dimitra, Mohamed Ndemba a déclaré: "Actuellement, la situation est maitrisée à Lungwangolo. Nous sommes sur un pied d'égalité. Il n'y a plus de discrimination entre nous. Nous travaillons ensemble. Les partenaires nous ont beaucoup aidés".
Un marché construit pour écouler les produits des champs
Une jeune dame que nous avons rencontrée au marché, Moza Tshitala, une déplacée de Kamituga depuis une année et 7 mois, vendait des tomates et les feuilles de manioc, n'a pas caché de satisfaction: "Je suis contente de me retrouver dans ce village. Comme je n'ai pas de fonds pour moi-même, je vais prendre les tomates et autres produits des champs chez les voisins pour revendre et gagner des petits bénéfices pour nourrir ma famille", a-t-elle confié.
Ce marché communautaire de 60 étalages est construit dans le cadre du projet des solutions durables pour la cohabitation pacifique entre les communautés twa et bantu.
A Lukwangulo, le HCR a construit des abris, la FAO a appuyé le champ et l'élevage des chèvres.
Mathy MUSAU