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« Igwe chante Béton »: la fausse note
Je te soutiens, tu me soutiens. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette. Difficile de savoir laquelle de ces deux variantes de deal structure la relation entre Fatshi et Jean-Pierre Bemba. Même si quelques conjectures et un tantinet de conjoncture incitent à pencher vers la deuxième formule.
Cet échange de bons procédés en bandoulière, le leader du MLC a entrepris son grand retour au « pays natal » avec un tube intitulé « Igwe chante Béton« . Un concert qu’il répète invariablement dans tous les coins et recoins de l’Equateur.
Dans ce « pourquoi j’ai choisi Fatshi« , le diable est dans le refrain. Quelques fausses notes empruntées au vieux disque des années 2000 risquent de parasiter voire de frelater l’opus à la gloire du candidat MLC pour 2023 !
Lorsque Jean-Pierre Bemba revient sur les fondamentaux du MLC originel, il se replace dans un contexte ouvertement clivant en remettant au goût du jour la « persécution réelle ou supposée » des ressortissants de l’Equateur par les « originaires » de l’Est swahiliphone « tombeurs » du Maréchal Mobutu. « Code 32« , « Plantation de café« …Bref, des concepts pour essentialiser la marginalisation « programmée ? » de toute une province.
Pas sûr que ce discours soit vraiment de saison pour les populations de l’Equateur en proie à la même diète que leurs compatriotes d’autres aires linguistiques. A Mbandaka comme à Bukavu; à Gemena comme à Malemba-Nkulu; à Bumba comme à Mwene-Ditu; l’enjeu ne réside pas dans la hiérarchie victimaire passée ou présente. Les attentes des Congolais d’en bas sont les mêmes à l’Ouest, au Centre et à l’Est. Si l’argent que brassent les dirigeants d’hier et d’aujourd’hui n’a pas d’odeur, la misère qu’endurent les Congolais toutes provinces confondues n’a qu’une seule odeur.
Pas évident non plus que les « vieilles lunes » -opportunément ?- mises à jour par le leader du MLC contribuent à bétonner le pays derrière Fatshi. Ce discours aux relents divisionnistes pourrait avoir des conséquences à large spectre. D’abord, il mettrait à mal la cohésion au sein de l’Union dite sacrée. Ceux des leaders « fatshistes » de l’Est seraient gênés aux entournures par une philippique qui désigne leur espace comme oppresseur. Ensuite, le « j’accuse » aux allures d’un sectarisme à rebours de Bemba risque de provoquer ou d’amplifier des fissures dans l’édifice Congo. Enfin, suite au précédent, de monter une partie du Congo contre une autre.
Ce qui in fine, ne saurait être électoralement, de bon augure pour le Président-candidat qui, jurisprudence personnelle oblige, n’ignore pas le poids démographique de l’Est en particulier pour l’épreuve reine du marathon électoral qu’est la présidentielle.
Alors, service après-vente contre-productif que celui de Igwe sur ses terres « équatoriennes« ? Ça craint. Gare à l’effet boomerang de cette dialectique identitaire dont la principale victime collatérale risque d’être…le candidat de Bemba à l’élection présidentielle. José NAWEJ