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Enrôlement rime avec couacs
D’abord les couacs, ensuite les couacs et enfin les couacs. Ainsi peut se résumer l’opération identification et enrôlement des électeurs lancée le samedi 24 décembre.
En seulement quatre jours d’enrôlement, que de ratés, que de failles, que de dysfonctionnements, que d’amateurisme dans le chef du personnel commis à cet exercice ! Ça fait beaucoup. Ça fait déjà désordre.
Nul besoin d’être prophète de malheur pour subodorer que l’overdose n’est plus loin. Très mauvais présage pour un cycle électoral souffrant déjà d’une malformation congénitale. Pas de bon augure pour la crédibilisation d’un processus frappé de suspicion dès son embryon. Suite à l’amoncellement des couacs, on ne voit pas comment le délai d’un mois prévu pour l’enrôlement sera tenu.
Avec de telles prémices et prémisses, difficile d’aboutir à des élections crédibles. La sempiternelle crise de légitimité des animateurs des institutions ne sera toujours pas évacuée. La RDC risquerait même d’aller de Charybde en Scylla.
Pour un pays hanté par une constellation de vieux démons, qui aurait intérêt à voir se réaliser le funeste » après moi, le déluge » ? Pour un pays convoité pas seulement par certains de ses voisins, des élections bâclées ou carrément chaotiques pourraient servir d’appel d’air pour tous les vautours qui attendent la moindre occasion pour (re) sauter sur leur proie de prédilection.
En lieu et place de l’effet cathartique souhaité, les élections deviendraient ainsi une espèce de cheval de Troie pour parvenir au résultat escompté par…le cycle de guerres d’agression. Pour un projet aussi machiavélique, il n’y a pas plus indiqué que de décliner la formule attribuée à Machiavel, à savoir la fin justifie les moyens.
Que faire alors ? Si l’objectif partagé est d’avoir des élections qui éclaircissent l’horizon, il n’y a pas de honte à rectifier le tir. Et au besoin, créer les conditions d’inclusion au niveau de toutes les parties prenantes. Si, en revanche, la démarche procédait du » fait accompli » avec son corollaire le passage en force, les couacs et autres irrégularités feraient alors partie intégrante de la stratégie…du pourrissement. Avec ce risque qu’on ne sait pas toujours dans ce genre de cas pour qui sonnera le glas. José NAWEJ