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Bunagana : Des troupes étrangères pour chasser des forces étrangères !
Bientôt des troupes kenyanes dans l’Est de la RDC par Bunagana. Une bonne nouvelle? Assurément. Car, déploiement de la force régionale rime avec retrait des forces d’occupation. A savoir des éléments de l’Armée rwandaise et leurs supplétifs estampillés M23.
En tout cas, pour les populations de cette bourgade stratégique et plus généralement pour le peuple congolais, quelle que soit la couleur du » libérateur « , le principal c’est le départ des occupants. La couleur du « libérateur ». » Peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu’il attrape la souris « , disait Deng Xiaoping le père du grand bond en avant économique chinois.
Cette perspective de retrait des forces d’occupation ne devrait, cependant, pas exonérer le pays d’anticiper le débat sur le « coût » de ces » libérations » par procuration. Car, les expériences antérieures renseignent que les pays alliés ne versent pas leur sang par simple fraternité africaine. L’altruisme intéressé étant dans l’ADN des relations internationales.
Estimant à tort ou à raison n’avoir été suffisamment désintéressés, certains « alliés » se sont mués en agresseurs, d’autres en imposteurs, d’autres encore en » arbitres » et même en » parrains » autoproclamés de la RDC.
Résultat, d’épicentre -naturel- géopolitique du Continent, le Congo-Kinshasa est devenu un champ d’expérimentation des luttes d’influence des pays d’Afrique centrale, des Grands lacs et d’Afrique australe.
Suite au précédent, les alliés kenyans ne prendraient donc pas le risque de débarquer à Bunagana pour les beaux yeux de leurs frères congolais. Il appartient au Pouvoir rd congolais de définir clairement en amont les contours de cette intervention même si elle porte le sceau de l’EAC.
Dommage qu’avant-hier, hier comme aujourd’hui des questions touchant à la souveraineté du pays ne soient pas souvent traitées dans les institutions compétentes notamment au Parlement.
Depuis l’épopée AFDL jusqu’à ce jour, le pays paie le contrecoup d’arrangements entre » hommes forts » qui privilégient leur « assurance-accession, maintien ou longévité au pouvoir » sur l’autel des intérêts fondamentaux du pays. C’est seulement que lorsque ces » combinaisons » tournent au vinaigre que l’on crie à l’agression !
Enfin, par-dessus-tout, tant que l’on continuera à faire de la procrastination par rapport à l’Armée, à considérer la « Grande muette » à l’aune du jeu politique et des manœuvres politiciennes, il sera difficile pour la RDC de redevenir maîtresse de son destin. Seules les FARDC peuvent mettre un terme à la vague de « libérations tarifées« . De tout temps, des guerriers ancestraux aux FARDC en passant par la Force publique, les FAZ et les FAC, les militaires congolais ont su prouver leur bravoure et leur patriotisme au front.
En fait de « main noire » dont a parlé avec raison le Président, il s’agit d’un vaste plan d’émasculation du pays aux origines lointaines que facilitent consciemment ou inconsciemment des dirigeants congolais convaincus que leur salut et leur légitimité viennent de l’extérieur. José NAWEJ