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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
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Haut-Lomami : des accrochages entre pêcheurs et militaires provoquent 8 morts
Au moins huit personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées hier dimanche 11 janvier dans le territoire de Bukama-centre, dans la province du Haut-Lomami, lors d'affrontements entre des pêcheurs et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon la société civile locale, ce conflit résulte d'une tentative du gouvernement provincial de fermer la pêche artisanale sur tous les lacs, rivières et sur le fleuve Congo dans les territoires de Bukama et de Malemba Nkulu, pour une période de trois mois. Une mesure contestée par les pêcheurs artisanaux, qui évoquent la suspension de leur seul moyen de survie.
Face à la persistance de l'Exécutif provincial à imposer la fermeture de l'exploitation de la pêche artisanale, les pêcheurs se seraient constitués en milice, recourant à des pratiques mystiques pour affronter les militaires déployés par les autorités locales afin de faire respecter leur décision.
LES MEURTRES CONDAMNES
" Chaque année, aux mois de septembre, janvier et février, la pêche est habituellement fermée afin de permettre la reproduction des poissons. L'année dernière, cette mesure n'avait pas été appliquée par le gouvernement provincial. Cette année, la décision a été prise, mais la population s'y est opposée, car la pêche constitue la seule activité génératrice de revenus dans la zone", , explique Mexa Mukanya, coordonnateur de la société civile joint par Forum des As.
"Une délégation a même été envoyée pour procéder à la fermeture des lacs, mais les pêcheurs ont résisté jusqu'à chasser les agents. C'est alors que les militaires ont été déployés. La situation a dégénéré lorsqu'un groupe de pêcheurs a recouru à des pratiques mystiques, appelées "bizabas", pour affronter les forces de l'ordre. Les militaires ont alors fait usage de balles réelles. Ils ont tué des personnes à bout portant, comme on peut le voir dans la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux. Huit personnes sont décédées. C'est un bilan provisoire, parmi lesquelles figurent des enfants de dix ans ".
La société civile condamne les meurtres de mineurs dans ce conflit opposant les pêcheurs aux FARDC. Pour l'heure, la situation est revenue au calme et reste sous contrôle des forces de sécurité, tandis que quelques manifestants ont été interpellés par la police fluviale. Une communication officielle est attendue afin de livrer le bilan définitif et d'éclairer les circonstances de cette répression.
Patient Mubiayi MBY, à Lubumbashi