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Des promotions fantaisistes dans la Fonction publique : les syndicalistes pointés du doigt
Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a pris dernièrement une série d’ordonnances portant nomination des directeurs dans plusieurs ministères. Ces promotions ont suscité beaucoup d’indignation parmi les fonctionnaires, du moins ceux qui sont en règle avec l’administration. Ce sentiment n’est pas l’effet d’une quelconque jalousie, mais il a été causé par les injustices qui ont été décelées dans ces ordonnances.
Par exemple, il a été constaté que certains promus n’ont jamais été nommés par ordonnance présidentielle ni chefs de bureau ni chefs de division, alors que pour devenir directeur il faut obligatoirement remplir cette condition.
Une autre lacune décelée concerne les postes vacants que ces directeurs nouvellement nommés devraient occuper. Selon le statut qui régit le personnel de carrière des services publics de l’Etat, on ne doit promouvoir un agent que lorsqu’il y a un poste vacant qu’il va occuper. Tel n’est pas le cas pour les dernières ordonnances présidentielles qui n’ont pas tenu compte de cette disposition statutaire.
Cette faille est encore plus grave dans la mesure où certains services se retrouvent avec deux ou trois directeurs nommés. Cette cacophonie a provoqué un malaise généralisé dans la Fonction publique. Les cadres et agents qui remplissent les critères de promotion mais qui ont été sacrifiés, ne décolèrent pas. Ils crient à l’injustice et appellent au réexamen desdites ordonnances. Il va de soi que cette situation va sans aucun doute provoquer la méfiance au sein des services et même le conflit de travail. L’ambiance sera viciée dans le service avec toutes les conséquences collatérales que cela va entraîner.
À ces faiblesses sus évoquées, il importe d’ajouter le manque d’infrastructures pour placer ces promus, dont la plupart ne disposent même pas un cadre de travail.
Après examen et analyse de cette bouillabaisse, il apert que ce sont les syndicalistes qui en sont la cause. Pour preuve, ils se sont taillés la part du lion dans ces ordonnances. Au lieu de jouer honnêtement leur rôle des défenseurs des droits de leurs syndiqués, ils ont privilégié leur propre positionnement.
Si les syndicalistes ont péché par trafic d’influence et méritent le désaveu de leurs affiliés, il n’en demeure pas vrai que les Secrétaires généraux des ministères qui ont validé les propositions de ceux-là portent la lourde responsabilité à cause de leur légéreté et complaisance dans le traitement des dossiers leur soumis. Ils ont visiblement manqué de sérieux.
La Fonction publique qui, en dernier ressort, a transmis les projets des ordonnances au cabinet du chef de l’Etat doit être interpellée pour négligence. Connaissant la corruption et le clientélisme qui minent l’administration publique, des dispositions auraient dû être prises, par exemple la création d’une commission ad hoc, avant la transmission des projets d’ordonnances présidentielles au cabinet du chef de l’Etat. Mais rien n’ a été fait dans ce sens.
Nous apprenons que dans certains ministères les Secrétaires généraux auraient soumis ces nouveaux directeurs à une sorte de concours pour évaluer leurs niveaux de compétence. D’aucuns se posent la question de savoir à quoi sert à présent cet exercice dès lors que ces cadres ont déjà été nommés par ordonnance présidentielle ?
La grande question aujourd’hui est celle de savoir si ces promus qui ne dirigent pas des services vont toucher les salaires au rang de directeur ou pas. S’il faut être juste, ces directeurs sans fonction devraient attendre leurs affectations pour bénéficier des avantages leur reconnus par les statuts. À défaut, le trésor public paierait des chômeurs qui ne rendent aucun service à l’Etat.
En tout état de cause, pour résoudre objectivement ce problème, il convient de revisiter ces ordonnances pour vérifier la date de leur transmission à la Présidence. Si les projets d’ordonnances ont été transmis après la décision du chef de l’Etat limitant au strict minimum les prérogatives des actuels ministres, lesdites ordonnances devraient être abrogées dans le but de mettre fin aux frustrations qu’elles ont enregistrées. Après, ceux qui méritent effectivement d’être promus, le seraient de manière juste. Muke MUKE