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« Bombé », juste un thermomètre
« Bombé » ? Pas la peine de consulter le dictionnaire. Inutile de se reporter sur Google. Au premier degré, « Bombé » n’est soluble dans aucune des acceptions universellement connues. L’exception culturelle et donc linguistique faisant foi, « Bombé » vient de faire son entrée dans l’académie kinoise en désignant un ersatz de drogue très en vogue dans les milieux des jeunes en marge de la société.
L’addiction à ce « marijuana » du pauvre a atteint des telles proportions que le chef de l’Etat a instruit le Gouvernement de mettre tout en œuvre pour éradiquer ce « phénomène » et encadrer les jeunes qui y sont accrocs.
Comment ne pas saluer le holà de l’Exécutif face à cette gangrène sociale et sociétale ? Comment ne pas encourager l’Exécutif dans cette saine et sainte croisade ?
Seulement voilà, « Bombé » comme ses précédents succédanés -sous forme de fumée comme « kuyu » (« lopipi« ) ou de boisson comme « Supu na tolo » – a tout d’un thermomètre qui renseigne sur la température hyper élevée de la déshérence de la jeunesse. Ce n’est donc pas en cassant ce thermo qu’on va faire baisser la fièvre que constitue la délinquance juvénile.
Des ados et des jeunes -filles et garçons- qui, pour la plupart, n’ont pour seule perspective que la rue. Le pays ne produisant que de « l’emploi » pour acteurs politiques.
Les fumeurs de « Bombé » et autres formes de drogue renvoient brutalement à la figure les résultats des décennies du désinvestissement systémique et systématique de la frange juvénile. Les budgets de témoignage alloués -depuis des lustres – à l’éducation, aux loisirs, aux sports, à la jeunesse stricto sensu sont là pour montrer que l’encadrement des jeunes est comparable à la cinquième roue du carrosse. Ce, en dépit de l’overdose sur le front des slogans pro jeunes dont le chef-d’œuvre qui survit aux différents régimes est celui datant de la IIème République. A savoir, « La jeunesse est l’avenir du pays« . Un refrain désincarné que tous les gouvernements répètent par cœur et en chœur.
Depuis, les jeunes d’avant-hier et d’hier ont déjà raté le rendez-vous avec l’avenir qui est derrière eux. Difficile pour les jeunes de …bomber le torse en soutenant qu’ils ont l’avenir devant eux. Larguée depuis des décennies, la bombe à fragmentation n’a pas encore fini de tuer les jeunes. « Bombé » quoi qu’en kinois, a le sinistre mérite de renvoyer- au figuré- à une bombe qui… a déjà explosé. On en est au décompte continu des victimes.
José NAWEJ