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Amine Laghidi : » Le Maroc a des alliances puissantes et des soutiens clairs «
* « La cause marocaine étant juste, la légitimité est avec nous », indique cet expert en diplomatie économique et stratégies de développement.
Face à l’admission du non Etat qu’est la fantomatique » rasd » à la 8ème TICAD à Tunis, la vague de regret, d’indignation et même de protestation sur fond de solidarité avec le Maroc n’en finit pas .Des dirigeants d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe donnent de la voix pour dénoncer cette imposture. Confiant dans l’évidence qu’est la marocanité du Sahara, le Royaume a certes décidé de ne pas participer aux assises de la capitale tunisienne. Mais, Rabat a réitéré son attachement aux liens forts et intacts entre les peuples marocain et tunisien ainsi qu’aux intérêts de l’Afrique. Tout l’ADN du Maroc est là. Ce pays millénaire qui, par sa générosité, a contribué -et continue à le faire – aux luttes pour toutes les causes justes du Continent. En commençant par le Maghreb. Intervenant sur la télé marocaine, le professeur Amine Laghidi a trouvé les mots justes -comme il en a le talent – pour expliciter la position de son pays sur cette question existentielle en ce qu’elle touche à la souveraineté et à l’intégrité du Royaume. J.N.
Qu’est-ce qui pouvait expliquer ce revirement de la position du régime tunisien vis-à-vis de l’intégrité du Royaume dans le contexte actuel?
Tout d’abord, je devrais faire appel à deux grandes valeurs marocaines, à savoir: celle de l’union et celle du respect. Union tout d’abord, celle de nous tous Marocains autour de notre Roi quand il s’agit de bâtir notre pays et de le défendre. Nous sommes le front commun interne tel que notre Souverain nous a décrit dans son dernier discours. Nous sommes unis et nous le serons toujours et c’est cette union qui fait notre force d’abord et qui le fera toujours.
2ème point, c’est le respect qui nous est imposé de par l’histoire commune et notre orientation royale vis-à-vis de tous les peuples de l’Afrique du Nord avec lesquels on a une histoire commune, un respect, hélas, dont la présidence tunisienne n’a pas fait prevue, et faisant preuve d’une hostilité déclarée et claire envers notre pays, le Royaume du Maroc et son intégrité territoriale. Un non-respect du present et du défi qu’on se doit de s’unir, de bien s’unir, et de relever ensemble. Un non-respect des aspirations des peuples de la region aussi, à plus de prospérité et de stabilité dans le futur en encourageant l’instabilité mais en même temps un non respect de l’histoire.
Permettez-moi de revenir sur cette histoire et pour ceux qui ne le savent pas, l’histoire qui unit ces deux peuples date de plus de 2500 ans. Il suffit de lire le périple de Hannon le navigateur, grand leader de Carthage qui choisit à l’époque le Maroc, pays souverain comme point de départ pour son tour de l’Afrique. Ce qui dénote, non seulement de la souveraineté, de notre pays, mais de la place qu’il a toujours occupée comme un roc, mais aussi un pilier dans l’Afrique et dans la région. Et si on parle d’histoire récente, 5 dates me tiennent réellement à coeur. La première, c’est celle de 1952 en pleine lutte de nos deux peuples pour l’indépendance, il y eut l’assassinat de Farhat Hached, grand syndicaliste qui luttait pour l’indépendance de son pays, la Tunisie et les Marocains sont sortis dans toutes les villes du Maroc notamment à Casablanca, beaucoup sont tombés, beaucoup ont donné leur sang réclamant justement l’indépendance de la Tunisie qu’ils considéraient aussi comme étant leur indépendance comme c’était le cas pour tous les peuples de l’Afrique du Nord et de l’Afrique..
Rappelons aussi la date de 1956, la date où nos deux peuples frères ont obtenu leur indépendance et depuis, le Maroc a été l’un des premiers soutiens à la souveraineté à l’intégrité territoriale de la Tunisie.
L’un des moments forts, notamment en 1980. On se rappelle des évènements de Gafsa où un commando militaire sous instruction et interventionnisme directe d’autres puissances que je ne nommerai pas, a fait ce qu’il a fait dans une belle région de ce beau pays qu’ est la Tunisie.
Rappelons aussi la réaction de feu Sa Majesté Hassan II, qui a dit qu’on n’allait pas se contenter uniquement de communiquer par la radio, par la presse ou de communiqué diplomatique mais qu’on était prêt à aller jusqu’au bout pour la défense de l’intégrité territoriale de la Tunisie et vous l’avez si bien dit dans votre excellent reportage.
2014 et 2021 pour terminer. 2014 une visite historique de soutien d’un grand leader, Sa Majesté Mohammed VI (que Dieu L’assiste) pour montrer au monde que cette Tunisie pourrait renaître tel un Phénix de ses cendres.
Pour la stabilité régionale, la construction d’un Maghreb uni, d’une Afrique qui fait confiance à l’Afrique, dans quelle mesure la demarche tunisienne pèsera-t-elle sur la balance des équilibres régionaux?
Je reviendrais sur des expressions qui ont été utilisées. Que c’est une erreur stratégique et c’est une erreur politique. J’exprimerais mon désaccord puisque pour qu’une erreur soit stratégique, il faut qu’elle soit durable. Or ne dure que qui est juste. La cause marocaine est une cause juste, la légitimité est avec nous. L’histoire, le present et le futur sont avec nous. Donc, ce n’est pas une erreur stratégique. Elle est reversible. Elle peut être réparée. C’est l’erreur de personne.
Deuxièmement, on a dit que c’était une erreur qui était politique. Or, dans un contexte démocratique, je me pose la question, puisque je respecte, je ne fais jamais d’ingérence dans un contexte qui est politique, il faut qu’une décision fasse l’union politique. Or ce qui semble ne pas être le cas. Par rapport à la Tunisie. Je dirais que c’est une erreur qui est grave. Oui, c’est une erreur aussi de jugement qui a troqué des liens historiques avec un pays qui est connu pour être droit dans ses choix, clair dans ses alliances et très fidèle dans ses engagements contre le nihil. N’est-ce pas là le nihilisme?
Comment peut-on voir l’avenir des relations entre le Maroc et la Tunisie?
Le Maroc est un pilier de paix et de sécurité. Rien qu’hier, son S.E. Madame le ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne le soulignait dans un communiqué de presse avec son collègue marocain, le ministre des Affaires étrangères. Le Maroc est un pilier de paix, d’union on en parle en interne. Nous ne sommes pas seuls. Nous avons des alliances qui sont puissantes, des soutiens qui sont clairs, puisque notre cause est juste, mais aussi par rapport au rôle qu’on joue. Dans la region et dans le monde. Sa Majesté l’a cité dans son dernier discours, nos allies américain, le soutien des pays de l’Union européenne, des pays frères du Golfe, des pays de l’Amérique latine et de l’Asie en grande majorité, il y aussi le soutien de nos frères Africains. Ce qu’on a vu de manière très claire, c’est l’Ouest, l’Est qui nous ont soutenus, c’est l’Afrique francophone, anglophone mais aussi lusophone qui nous ont soutenus avec des mots qui étaient clairs, directs, soulignant à la fois le rôle du Maroc comme locomotive de développement du Continent, comme un pays qui a une vision, comme sa Majesté le dit, un pays qui fait confiance à l’Afrique, ne peut que passer par le Royaume du Maroc, avec le Royaume du Maroc. Il y a eu des chefs d’Etat qui ont quitté la salle en signe de protestation. Je crois qu’il n’ ya pas un message plus clair. Une transcription de Kléber KUNGU