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RDC : Augustin Kabuya propose des drones pour surveiller la marche de l’opposition du 15 août
L’UDPS propose la mise à disposition de drones pour surveiller la marche de l’opposition prévue le 15 août prochain. Son secrétaire général, Augustin Kabuya, a lancé cet appel au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, le vendredi 7 août, lors d’une causerie morale organisée au siège du parti à Kinshasa.
Pour le secrétaire général de l’UDPS, ce dispositif doit permettre aux autorités de suivre le déroulement de la manifestation, d’évaluer la mobilisation et de détecter l’éventuelle présence d’armes blanches parmi les manifestants.
« Notre position reste toujours la même. Nous n’allons pas sortir le même jour où eux vont sortir. Mais s’ils organisent leur marche, nous appelons le VPM de l’Intérieur à trouver les drones. Avec l’aide des drones, nous allons connaître comment ils ont marché, voir leur mobilisation et détecter s’ils ne vont pas utiliser les armes blanches, notamment les machettes pour défendre leur cause », a déclaré Augustin Kabuya.
L’UDPS entend ainsi éviter toute confrontation directe avec les manifestants de l’opposition le même jour. Le parti présidentiel prévoit plutôt de mobiliser ses troupes quelques jours plus tard, dans le cadre d’une démonstration de soutien au chef de l’État.
« Si eux vont marcher, après deux à trois jours, nous allons aussi nous mobiliser pour une grande marche pour montrer que le peuple est avec le président Félix Tshisekedi », a annoncé Kabuya, avant de lancer une pique à l’opposition : « Nous n’allons pas nous disputer pour des grandes mobilisations car on ne dispute pas avec les impopulaires. »
KABUYA DÉPLORE UNE ATTITUDE DE "DEUX POIDS, DEUX MESURES"
La marche du 15 août n’a toutefois pas été le seul sujet abordé au cours de cette causerie morale. Augustin Kabuya a également interpellé vivement plusieurs acteurs politiques et de la société civile au sujet des propos qu’il attribue à Henry Magie, présenté comme un ancien membre du PPRD désormais affilié à l’AFC/M23.
Selon le secrétaire général de l’UDPS, celui-ci aurait appelé la population du Katanga à s’en prendre au président de la République lors du récent séjour de Félix Tshisekedi dans le Haut-Lomami et le Haut-Katanga.
« J’ai vu et écouté l’ancien membre du PPRD, aujourd’hui à l’AFC-M23, au nom de Henry Magie, [qui] disait aux gens du Katanga : “Mes frères Katangais, veuillez tuer le président de la République” », a rapporté Augustin Kabuya.
Des propos qui, selon lui, n’ont pas suscité la réaction attendue de certains acteurs de l’opposition et de la société civile. Il a particulièrement mis en cause Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Jean-Claude Katende, leur reprochant leur absence de condamnation publique.
« Quand il fait ses déclarations-là, où est Jean-Claude Katende, le champion ? Il faut créer les histoires relatant que l’UDPS a une milice. Fayulu, Sesanga, Kabund, on a fait une déclaration là-bas, qu’est-ce que vous avez fait ? Ça vous profite ? », s’est interrogé le secrétaire général de l’UDPS.
Pour Kabuya, cette attitude traduit un "deux poids, deux mesures" dans les prises de position de certains acteurs politiques et de défense des droits humains. Il dit, pour sa part, avoir été profondément choqué par les propos attribués au membre de l’AFC-M23.
« J’étais choqué dans mon fond intérieur et je suis en attente d’une réaction de la part de la communauté internationale par rapport à ça », a-t-il déclaré.
L’UDPS REVENDIQUE UN POUVOIR DE COALITION
Autre point soulevé par Augustin Kabuya : la nature du pouvoir en place. Face aux critiques visant le « régime de l’UDPS », le secrétaire général du parti présidentiel récuse cette lecture et insiste sur le caractère pluraliste de la majorité au pouvoir.
« Il y a des gens qui disent que le régime de l’UDPS nous a déçus. Ce régime n’est pas celui de l’UDPS, il est de l’Union sacrée », a-t-il affirmé.
Pour lui, l’UDPS ne saurait être considérée comme l’unique formation responsable de la gestion du pays, l’architecture institutionnelle étant fondée sur une coalition.
« Pour que j’accepte bel et bien que ce régime est de l’UDPS, il faut que tous les animateurs acceptent de céder leur poste aux membres de l’UDPS. Nous sommes dans une coalition », a-t-il expliqué.
Augustin Kabuya s’est également appuyé sur les mécanismes constitutionnels relatifs à l’identification de la majorité parlementaire pour justifier cette répartition des responsabilités.
« Cette Constitution ne permet pas à ce qu’un parti politique puisse mettre sur pied son seul organigramme pour gérer le pays. La Constitution a mis ses limites, elle n’a pas dit que l’UDPS va tout prendre », a-t-il poursuivi.
Et de conclure : « Nous sommes dans un régime de coalition, où tout le monde apporte sa part de responsabilité. »
À quelques jours de la marche annoncée par l’opposition, les déclarations d’Augustin Kabuya donnent ainsi le ton de la riposte politique de l’UDPS : pas de mobilisation concurrente le 15 août, mais une surveillance renforcée de la manifestation et une démonstration de force programmée dans les jours suivants.
Jérémie ASOKO