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Affaire Patrick Lokala : Le procès renvoyé au 7 novembre pour non-respect de la procédure de la saisine
Le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe a renvoyé au 7 novembre prochain le procès opposant le journaliste Patrick Lokala au ministère public. Ce report, décidé lors de l’audience du jeudi 24 octobre, a été motivé par le non-respect de la procédure de saisine, comme l’ont fait valoir les avocats de l’accusé.
Me Nico Fay, l’un des avocats de Lokala, a insisté sur le fait que leur client n’avait reçu notification de l’affaire que la veille, rendant impossible une préparation adéquate pour l’audience.
«Le droit réside d’abord dans la procédure, nous sommes encore dans la forme. Le délai légal est de huit jours, conformément à l’article 62 du code pénal de 1959», a-t-il expliqué. La défense a donc sollicité une remise de deux semaines pour permettre à leur client de préparer sa défense.
De son côté, le ministère public, représenté par le procureur Serges Bashonga, a reconnu l’importance du respect des délais légaux, mais a estimé que le prévenu, désireux de connaître son sort, aurait pu accélérer la procédure. Cependant, il a demandé que le tribunal prenne en compte le délai légal pour le renvoi de l’affaire.
Me Prosper Ntetika, de la partie civile Christian Lusakweno, a précisé que l’audience de ce jour marquait simplement l’ouverture du procès avec la constitution des parties.
«L’opinion doit retenir que c’est à la suite de la plainte déposée par Monsieur Lusakweno qu’une enquête a été menée au niveau du parquet. L’audience a été fixée et le procès démarre ainsi. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est l’ouverture avec la comparution des différentes parties», a-t-il déclaré.
Deux dossiers distincts contre Patrick Lokala
L’affaire Patrick Lokala s’articule autour de deux dossiers judiciaires distincts. Le premier est lié à des accusations portées par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui poursuit le journaliste pour outrage aux magistrats, faux en écriture et propagation de faux bruits. Lokala est accusé d’avoir brandi, lors de ses interventions sur Télé News RDC, un document contenant une liste de présumés faux magistrats, qu’il accuse d’avoir été nommés sans passer les épreuves officielles de la magistrature.
Le deuxième dossier concerne une plainte déposée par Christian Lusakueno, directeur général de Top Congo FM, le 23 juillet 2024. M. Lusakueno accuse Patrick Lokala d’imputations dommageables à la suite des publications sur Internet. Par ailleurs, son avocat, maître Prosper Ntetika a confirmé qu’il reviendrait dans deux semaines pour le début du procès, avec comme objectif de «démontrer la vérité des faits».
«La partie Christian Lusakweno a fait connaître au tribunal sa constitution en tant que partie civile, c’est-à-dire que nous allons nous retrouver ici dans deux semaines pour le début de cette affaire. L’objectif est clair: nous nous constituons en partie civile selon la loi pour les intérêts civils. Dans une affaire pénale, l’intérêt est de démontrer la vérité des faits après les affirmations. Le procès est une étape de vérité, c’est un moment de démonstration des faits et des éléments de preuve qui les accompagnent. C’est ce qui va être fait tout au long de l’audience», a assuré cet avocat.
Le renvoi de cette affaire au 7 novembre permettra aux différentes parties de se préparer pleinement pour les débats judiciaires à venir. En attendant, M. Lokala demeure en détention.
Christian-Timothée MAMPUYA