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Affaire BDK : les prévenus Luende et Abedi à la barre hier mardi
* Le collectif d’avocats des parties civiles ont exigé la présence du ministère public à l’audience. D’où le renvoi de l’affaire au vendredi 09 janvier.
L’audience en flagrance des événements tragiques survenus le 4 janvier qui a provoqué la mort de trois personnes dont des Makesa de BDK, à la place Sainte Thérèse dans la commune de N’djili, s’est ouverte hier mardi 06 janvier au district de la Tshangu, communément appelé Mabanga. Y comparaissaient les deux prévenus militaires, Abedi Salumu et Luende Elese Dieumerci, impliqués dans cette tuerie survenue lors du 67ème anniversaire des martyrs de l’indépendance.
Après l’identification des accusés, le tribunal a procédé à l’instruction de l’affaire en confrontant les deux prévenus, auteurs présumés de la fusillade qui a envoyé ad patres trois personnes, après la célébration par des fidèles de Bundu dia Kongo (BDK) de cette fête des compatriotes morts pour l’indépendance du pays.
Les deux prévenus Luende et Abedi sont en détachement à la station-service sainte Thérèse à N’djili, voici environ deux semaines. Le dimanche 04 janvier, vers 15 h, le premier a déclaré avoir entendu quatre coups de balles, alors qu’il se reposait vers une école pour une pause de 12 heures. En ce moment, son collègue n’était pas avec lui, car sorti avec une arme d’un autre militaire.
Arrivé sur les lieux, il a déclaré avoir vu Abedi en train d’être tabassé par des Makesa. Ceux-ci ont tenté de lui arracher son arme, après lui avoir brisé son chargeur garni. C’est dans cette circonstance qu’il a dû tirer deux coups de sommation pour disperser la foule.
LE TEMOIN BISADI CHARGE LE PREVENU ABEDI
A son tour, le prévenu Abedi a reconnu avoir eu une altercation avec un Makesa qui voulait se faire cirer les chaussures comme lui. Ce qui n’a pas plu au militaire qui a tenté de lui arracher son Motorola et sa cordelette. Une altercation s’en est suivie.
A l’appel de leurs, plusieurs autres fidèles de BDK ont accouru pour porter secours au leur. Secouru par son collègue Luende, Abedi a affirmé avoir pris la fuite. Pour lui, ce sont deux militaires de la Garde républicaine (GR) qui ont tiré les 4 coups de balles avant d’embarquer sur une moto.
Sur ces entrefaites, le tribunal a fait appel à un témoin, membre de BDK, celui que le prévenu Abedi a cité comme ayant eu une altercation avec lui. M. Bisadi a chargé le prévenu Abedi en l’accusant d’avoir été en état d’ébriété et d’avoir tiré sur les Makesa causant la mort de trois personnes dont des Makesa, alors qu’un de leurs chefs leur demandait de ne rien réagir.
LA PRESENCE DU MINISTERE PUBLIC EXIGEE
Par ailleurs, à la demande du collectif d’avocats des parties civiles, un renseignant s’est présenté à la barre pour faire état des faits qu’il avait vécus lors des événements tragiques. Pour Makambu Landu, les deux prévenus ont tiré sur la foule et, par conséquent, tué des personnes.
L’un des avocats a évoqué l’existence d’une vidéo détenue par le collectif. Dans cet élément, a-t-il précisé, il dit reconnaître les pieds du renseignant, dont la voix demandait à l’une des victimes mourantes, si elle avait un téléphone… Question de pouvoir informer la famille. Ce que le renseignant, camarade de l’une des victimes, a déclaré dans sa déposition.
Le collectif d’avocats des parties civiles ont exigé la présence à l’audience du ministère public en qualité de civilement responsable des actes posés par ses militaires, car en cas de condamnation de ces présumés meurtriers, c’est l’Etat congolais, représenté par le ministère public, qui doit payer les dommages-intérêts. Ainsi, le tribunal, présidé par le major-magistrat Lufuluabo, a renvoyé l’affaire à l’audience du vendredi 09 janvier.
Le rendez-vous est donc pris pour la suite de l’instruction de cette affaire qui met à nu le comportement irresponsable de certains agents de l’ordre qui fait la honte d’un gouvernement du reste déterminé à asseoir un Etat de droit.
Kléber KUNGU