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Vivement la forme dans les arrestations !
Cela n’a échappé à personne. Il n’est plus inhabituel que l’actualité soit dominée par l’interpellation ou l’arrestation de tel ou tel autre acteur politique battant pavillon « Opposition« . Alors que l’embastillement de Salomon Kalonda, bras droit de Moïse Katumbi, défraye encore la chronique voilà qu’un autre opposant -Franck Diongo- vient d’être arrêté.
On aura beau épiloguer sur les mobiles de cette arrestation. Au passage, on aura beau récuser la thèse de « l’enlèvement » si prisée par des opposants et ce, depuis les années Mobutu. Là, n’est sans doute pas le hic.
Dans sa dimension régalienne, l’Etat via ses technostructures compétentes peut avoir des raisons précises d’interpeller ou même d’arrêter n’importe quel citoyen.
Seulement, le ba.ba de l’Etat de droit commande que la procédure soit scrupuleusement respectée. Toute la question est là.
Or, à moins de regarder sans voir, ou carrément d’être dans le déni, la forme fait figure de…victime collatérale des arrestations en cours. L’on assiste à la résurrection des méthodes fort peu orthodoxes ou pas catholiques du tout sur lesquelles les Congolais pensaient avoir déjà jeté une dernière pelletée de terre.
Pas cohérent pour un pouvoir qui, justement sur la question des procédures, s’est voulu aux antipodes des régimes précédents. De quoi donner de l’eau au moulin de ceux qui, paraphrasent le généralissime belge Emile Janssens en disant qu’avant l’alternance égale après l’alternance.
Pas bon signe non plus pour un gouvernement qui mise, avec raison, sur l’attractivité de la RDC. Laquelle repose essentiellement sur l’image que le pays reflète à travers notamment le respect des fondamentaux de l’Etat de droit au premier rang desquels les questions de forme.
Pourquoi pour des personnalités ayant pignon sur rue, si grief ou présomption d’atteinte à la sûreté de l’Etat il y a, ne pas procéder par la convocation et n’envisager le mandat d’amener et in fine le mandat de prise de corps qu’en cas de refus de répondre à l' »invitation« ? La nécessaire forme, si essentielle en démocratie, sera ainsi sauve et donc sauvée. Et le pays gagnerait en respectabilité.
« La forme, disait Victor Hugo, c’est le fond qui remonte à la surface« . A méditer. José NAWEJ