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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Enjeux de l’heure
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En Ituri, le mauvais état des routes rend parfois difficile la lutte contre la maladie à virus Ebola et complique le transport des malades vers les centres de traitement d'Ebola (CTE) ainsi que l'…
Tshangu : “Bala bala eza wenze te” eza wenze !
À Kinshasa, le slogan « Bala bala eza wènze te » (la route n’est pas un marché,NDLR) promet l’ordre et la sécurité. Mais dans le district de la Tshangu, la réalité dément ces mots à valeur d'interdiction. Le long du boulevard Lumumba, le bitume est envahi par des étals improvisés, des friperies et des cageots de fruits. Les véhicules et les motos slaloment entre les marchands, les passants se faufilent respirant l’air se chargé de gaz d’échappement. La chaussée, conçue pour la circulation, est transformée en une galerie commerciale à ciel ouvert.
Pour les vendeurs, la justification est simple : la survie économique prime. Les sites officiels sont trop éloignés, les clients s’y rendent rarement ou pas du tout. « Ici, on gagne quelque chose. Les clients ne veulent pas marcher jusqu’au marché indiqué », confie une vendeuse de safous à Pascal. Face à cette réalité, les opérations ponctuelles de déguerpissement ou les injonctions des autorités provinciales paraissent dérisoires. L’informel s’impose comme une règle parallèle.
La dérive dépasse le trottoir. Même la passerelle piétonne, censée protéger les traversées, est envahie par le commerce et devient parfois zone grise. Certaines bandes y imposent leur loi, intimidant et rançonnant en plein jour. Entre odeurs d’urine, fumée et danger permanent, les Kinois doivent composer avec une ville qui commercialise chaque mètre carré, souvent au détriment de la sécurité et de la réglementation.
À Kinshasa, la route ne se limite plus à un axe de circulation. Elle reflète les tensions de la capitale : survie économique contre autorité publique, informel contre réglementation, urgence sociale contre sécurité. Tant que l’économie formelle ne proposera pas d’alternatives crédibles, le slogan « Bala bala eza wènze te » restera un vœu pieux en devenant *Bala bala eza wenze”, et la route un marché un révélateur cru des déséquilibres urbains de la capitale.
Comme pour dire, à la Tshangu, “ Bala bala eza wenze te” eza wenze !
Jérémie ASOKO