Dernière minute
Société
" Ce n'est pas l'âge qui procure la sagesse !", enseigne cette sagesse biblique qu'un anonyme a voulu bien nous rappeler. Ce verset biblique est tiré du 9ème verset, chapitre 32ème du livre de Job.
Trois versions en parlent: " Ce n'est pas l'âge qui procure la…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Les contours de l'entrée inaugurale de la République démocratique du Congo sur le marché international des capitaux, couronnée par une levée de fonds à hauteur de 1,25 milliard de dollars étaient…
Étranger
La République de l’Équateur a réaffirmé, vendredi, son soutien à l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc en 2007, la qualifiant de la seule solution sérieuse, crédible et réaliste au…
Nation
Figure bien connue des animateurs de football en République démocratique du Congo, Michel Mbolandinga de son vrai nom, plus célèbre sous le sobriquet de Lumumba Vea, vient de franchir un cap…
SNEL : A qui profite un statu quo entretenu?
* D'ores et déjà, le courrier de Jean-Lucien Bussa adressé au PCA fait grand bruit.
La demande d’explications du ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa collée à un "grand commis" de l’Etat, continue à soulever de nombreuses interrogations sur les intentions réelles cachées derrière ce courrier partagé sur les réseaux sociaux. Ce, avant que son destinataire ne le reçoive le lendemain. Que cache cette démarche ? Est-elle simplement administrative comme se défendent, par personnes interposées, les représentants du ministère du Portefeuille?
Autant de questions parmi tant d'autres qui taraudent l'esprit de plus d'un observateur.
A priori, on pourrait se demander pourquoi adresser une demande d’explications et la rendre publique avant même que son destinataire ne la reçoive ?
Le moins que l'on puisse rappeler est que depuis l’entrée de la RDC dans le système Ohada, toutes les anciennes entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, la tutelle naguère assumée par le ministère du Portefeuille a été supprimée. Partant, l’on est en droit de se poser plusieurs autres questions autour de la démarche du ministre du Portefeuille que d'aucuns qualifient de suspect. Premièrement, sur quels textes légaux se base donc Jean-Lucien Bussa pour ouvrir une action disciplinaire contre ce mandataire public?
Au-delà des textes, dans quelle société, en plein XXIème siècle, un actionnaire – fût-il unique – peut donner des injonctions, aux organes statutaires, en dehors du seul cadre règlementaire autorisé qu’est l’Assemblée générale?
Deuxièmement, sur base de quels textes, un actionnaire peut, par un simple courrier, réguler la vie d’une société commerciale et s’opposer (toujours par simple correspondance) aux décisions régulièrement prises par un Conseil d’administration?
IMMIXTION DANS LA GESTION DE LA SNEL
Vu de nombreux observateurs, la situation qui prévaut présentement à la Société nationale d’électricité (SNEL SA) s’apparente à une immixtion (de trop?) dans la gestion des affaires de cette entreprise. D’où la question: Pourquoi cette ingérence seulement dans le choix des animateurs de la SNEL SA et non pas dans les autres entreprises publiques telles la Régideso, la SNCC, l’Onatra ou encore la GCM ?
Enfin, dans la mesure où les décisions au sein d’un Conseil d’administration se prennent par vote et reflètent, par conséquent, le consensus de tous les collèges des administrateurs, pourquoi le Président du Conseil d’administration est-il indexé ?
De nombreuses voix à la SNEL rappellent que, déjà, le 13 décembre 2024, durant les états généraux du Portefeuille, devant une salle remplie, le ministre du Portefeuille s’en était pris au Président du Conseil d’administration Badibanga, le dénigrant publiquement. C’était à la veille de la première tentative régulière du Conseil d’administration de designer le nouveau comité de direction. Quelques heures plus tard, les audios de ce traitement particulier circulaient sur tous les canaux de communication à la SNEL. Les mises en place furent reportées. Etait-ce une première mise en garde ?
DES ORGANES DE GESTION DESARTICULES
Nos nombreuses investigations attestent que la décision de mise en place d’un comité de direction au sein de la SNEL SA est cruciale pour la survie de cette entreprise dont l’état se détériore au quotidien, les états financiers pour l’exercice 2023 ont été rejetés et la gouvernance piétine.
Depuis la nomination des mandataires actifs actuels - voici deux ans -, la SNEL fonctionne sans Directeur financier, ne serait-ce qu'à titre intérimaire ! Qui exerce donc cette fonction de façon informelle ? Pourquoi laisse-t-on cette situation perdurer ? La SNEL SA n’a pas, non plus, de Secrétaire général et la question de la gestion de ses nombreux actifs se pose légitimement et avec acuité.
Neuf autres postes de Directeurs chefs de Département sont occupés par une kyrielle d’intérimaires qui, dès lors, ne permet pas d’assurer une continuité dans l’opérationnel, ni de définir des responsabilités claires.
POURQUOI LE PROCESSUS QUI PRONE LA MERITOCRATIE EST REMIS EN CAUSE?
Dès lors, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi la décision du Conseil d’administration d’en finir avec cette désarticulation de la première entreprise productrice du pays est combattue à ce point. Et pourquoi ce processus qui prône la méritocratie et s’oppose au parrainage est remis en cause par le ministère du Portefeuille qui a, pourtant, de façon active, pris part à toutes ces étapes.
Cela parait une étonnante position quand on sait que la désignation de hauts cadres de commandement revient, statutairement, au Conseil d’administration. La seule question pertinente serait, dès lors, de se demander si c’est le Conseil d’administration ou non qui a désigné ces nouveaux hauts cadres.
Toujours est-il que les différentes sons de cloche entendus auprès de nombreux agents de la SNEL révèlent que c’est effectivement le Conseil d’administration seul qui, à huis clos, a choisi les nouveaux dirigeants de la SNEL SA, durant un Conseil d’administration tenu le 14 mars en fin de journée. Il nous revient que seuls étaient présents les deux Censeurs représentant d’une part le ministère des Ressources hydrauliques, et d’autre part, celui du Portefeuille comme l’exigent les textes en vigueur.
Où est donc la faute commise ? A l'hypothèse qu'il y ait eu manquement, devrait-on l'imputer au Président du Conseil d'administration à tout le Conseil composé de neuf administrateurs dont le Directeur général ?
QUELLE EST LA POSITION ET LA VOLONTE REELLE DU DG?
Il y a lieu de s’interroger également sur la position réelle du Directeur général de la SNEL depuis huit ans. Celui-ci, à en croire plusieurs sources, a bloqué ces mises en place en décembre 2024 et février 2025, montrant ainsi son opposition aux décisions du Conseil d’administration dont il est membre. Des décisions à la prise desquelles il avait pourtant participé.
Il s’avère que le Directeur général est en mauvais termes notamment avec les trois précédents conseils d’administration (dont l’actuel) et l’ancien DGA Teddy Lwaba aujourd’hui ministre des Ressources hydrauliques et de l’Electricité. Ainsi de nombreuses sources internes, s'exprimant sous couvert de l’anonymat, s’interrogent sur la volonté du Directeur général de voir aboutir ce processus transparent.
Cette situation provoque un immobilisme au sein de la SNEL. Ce qui pourrait entraîner des conséquences dévastatrices alors que la volonté du Conseil d’administration de bien conduire cette entreprise, en collaboration avec la direction générale, ne souffre d’aucun doute.
Tout bien considéré, du moment que la population attend des réponses claires et urgentes sur le déficit énergétique criant que connait le pays, le blocage à la SNEL pourrait empêcher cette institution de progresser pour la bonne et juste cause: l'intérêt général et le bien-être communautaire.
Amer SUKARI Ndudi