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*_Fayulu, Kabund, Epenge et plusieurs cadres de l'opposition ont été blessés_
*“ _Félix Tshisekedi veut tuer les opposants. Nous continuerons le combat_ ” , a déclare Fayulu
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Palais du peuple : le sit-in de l'opposition tourne à l'affrontement entre forces de l'ordre et manifestants
*_Fayulu, Kabund, Epenge et plusieurs cadres de l'opposition ont été blessés_
*“ _Félix Tshisekedi veut tuer les opposants. Nous continuerons le combat_ ” , a déclare Fayulu
Les détonations des grenades lacrymogènes ont de nouveau résonné sur le boulevard Triomphal. Dix ans après les violentes manifestations du 16 septembre 2016, un scénario que beaucoup croyaient relégué aux pages sombres de l'histoire politique du pays a semblé se rejouer sous les yeux des Kinois.
Ce vendredi 12 juin, la manifestation de la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle a dégénéré en affrontements d'une rare violence entre les forces de l'ordre et des milliers de militants de l'opposition. Au terme de plusieurs heures de tensions, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et plusieurs cadres de l'opposition ont été blessés, des dizaines de militants arrêtés et, selon l'opposant Martin Fayulu, deux manifestants ont perdu la vie.
Le cœur politique de Kinshasa a battu au rythme des sirènes, des cris de protestation et des explosions de gaz lacrymogènes. Dès l'aube, les alentours du siège de l'ECiDé et de l'avenue des Huileries ont commencé à se remplir. Des hommes, des femmes et des jeunes militants, parfois venus de plusieurs communes de la capitale, convergeaient vers le point de rassemblement avec une détermination visible.
Dans les chants, les sifflets et les slogans, un même message revenait sans cesse : le rejet de toute initiative visant à modifier la Constitution, “Tshilombo doit partir”.
UN DISPOSITIF DE PLUS DE DEUX CENTS POLICIERS
Face à cette mobilisation, les autorités avaient verrouillé le périmètre du Palais du peuple. Plus de deux cents policiers, appuyés par des véhicules anti-émeutes, occupaient les principales artères du boulevard Triomphal. Le dispositif était impressionnant. Mais sur le terrain, la tension montait à mesure que la foule grossissait.
Lorsque Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Prince Epenge, Devos Kitoko et Ados Ndombasi ont fait leur apparition, l'atmosphère a brusquement changé. Les militants ont redoublé d'ardeur. Portés par leurs leaders, ils ont entrepris de marcher en direction du Palais du peuple, déterminés à tenir le sit-in interdit par les autorités provinciales.
La confrontation est devenue inévitable.
Les premières grenades lacrymogènes ont été tirées alors que la foule tentait de franchir les cordons sécuritaires. En quelques instants, un épais nuage blanc a enveloppé le boulevard Triomphal. Des manifestants suffoquaient, se frottaient les yeux, reculaient quelques mètres avant de revenir à la charge.
Mais contrairement à ce qu'espéraient les forces de l'ordre, les gaz n'ont pas dispersé la mobilisation.
DES PIERRES ET DIVERS PROJECTILES LANCÉS EN DIRECTION DES POLICIERS
Sous les chants de défiance, des centaines de militants ont continué à avancer vers l'hémicycle du Palais du peuple. Certains ont réussi à progresser jusqu'à proximité du bâtiment. Des pierres et divers projectiles ont alors commencé à être lancés en direction des policiers. Sous cette pression inattendue, plusieurs éléments des forces de l'ordre ont momentanément reculé.
Pendant quelques minutes, la foule a cru pouvoir forcer le verrou sécuritaire.
Puis la situation a basculé.
Des renforts importants sont soudainement apparus depuis l'avenue de l'Enseignement et le secteur du Saio. Des unités supplémentaires de la Police, des éléments de la Task Force ainsi que des militaires ont convergé vers le boulevard Triomphal.
La riposte a été immédiate et massive.
Les explosions de grenades lacrymogènes se sont multipliées. Les forces de sécurité ont lancé plusieurs charges successives pour repousser les manifestants. Les rues se sont transformées en un immense mouvement de panique. Certains couraient pour échapper aux gaz, d'autres tentaient de protéger leurs camarades tombés au sol. Des blessés étaient évacués à bout de bras tandis que les affrontements se poursuivaient sur plusieurs axes du centre-ville.
Au plus fort des heurts, plusieurs figures de l'opposition ont été atteintes.
FAYULU, KABUND… BLESSÉS
Martin Fayulu est apparu avec le visage ensanglanté et une chemise blanche tachetée de sang. Jean-Marc Kabund a lui aussi été blessé. Prince Epenge, Devos Kitoko et Ados Ndombasi figurent également parmi les responsables touchés au cours de cette journée de tensions.
Depuis son quartier général transformé en refuge après les affrontements, Martin Fayulu a dénoncé une répression qu'il juge disproportionnée.
« Félix Tshisekedi veut tuer les opposants. Nous sommes blessés, ce n'est pas un problème. Nous continuerons le combat. Il n'y aura pas de troisième mandat », a-t-il lancé devant la presse et ses partisans.
Le président national de l'ECiDé affirme, par ailleurs, que deux militants ont trouvé la mort devant le siège de son parti et que leurs corps auraient été emportés par la police. Il évoque également plusieurs blessés graves dans les rangs des manifestants. Ces affirmations n'ont toutefois pas encore été confirmées officiellement par les autorités compétentes.
PLUSIEURS POLICIERS BLESSÉS
Les violences n'ont pas épargné les forces de l'ordre. Plusieurs policiers ont été aperçus blessés après avoir été atteints par des jets de pierres et divers projectiles.
Dans le même temps, les arrestations se sont multipliées. Des militants, parfois blessés, ont été embarqués dans des véhicules de la police sous les cris de leurs camarades. D'autres ont été poursuivis jusque dans les rues adjacentes au boulevard Triomphal.
En début d'après-midi, le boulevard Triomphal portait encore les stigmates de cette journée agitée. Cartouches de gaz lacrymogènes abandonnées sur la chaussée, pierres éparpillées, barrages de police, véhicules sécuritaires et groupes de militants dispersés composaient un décor rappelant les heures les plus tendues des tensions politiques qu'a connues la capitale.
Au-delà du bilan humain encore incertain, cette manifestation marque un tournant dans la contestation du projet de révision constitutionnelle. Elle révèle surtout la profondeur des fractures politiques qui traversent actuellement le pays et annonce une séquence politique particulièrement tendue dans les semaines à venir.
Ce vendredi 12 juin 2026, le boulevard Triomphal n'a pas seulement accueilli une manifestation de l'opposition. Il est redevenu, l'espace de quelques heures, le symbole d'une confrontation politique qui continue de diviser profondément le pays .
Jérémie ASOKO