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Russie-Afrique: la «relance doit se faire maintenant ou jamais»
Les sanctions occidentales ont eu des effets positifs sur l’économie russe, selon un expert béninois. Grâce à elles, «les autorités russes ont compris le rôle que le continent africain peut jouer dans le renforcement de l’économie russe».
Après la longue pause dans les échanges avec l’Afrique qui a suivi l’effondrement de l’URSS, la Russie s’est de nouveau tournée vers le continent. Avant le début de l’opération militaire spéciale, le commerce entre la Russie et les pays africains se faisait par l’intermédiaire des Bourses occidentales. Désormais elle peut commercer directement avec les pays africains sans recourir à ces services, comme l’a indiqué le chef du secrétariat de la conférence Russie-Afrique et ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères.
«Les sanctions occidentales ont permis enfin aux autorités russes, de comprendre le rôle que peut jouer le continent africain dans le renforcement de l’économie de la Russie», se réjouit auprès de Sputnik Victorien Aloma, docteur béninois en sciences économiques et spécialiste des relations économiques internationales.
Il rappelle que, suite aux premières sanctions occidentales datant de 2014, Moscou a énoncé sa volonté de coopérer directement avec les pays africains, bien que ces déclarations n’aient pas été concrétisées. «La relance de la coopération économique entre la Russie et le continent africain doit se faire maintenant ou jamais», avance-t-il à Sputnik.
Les conditions pour se lier à l’Afrique
Cependant, pour «se reconnecter à l’Afrique», il lui faut créer un «réseau d’affaires avec les différents pays du continent».
Cela implique la définition d’une «base conceptuelle de sa politique économique extérieure vis-à-vis de l’Afrique» favorisant un partenariat économique et stratégique gagnant-gagnant.
Il faut également soutenir les entreprises russes pour investir dans les secteurs clés de l’économie africaine.
«Cette initiative ne pourra se concrétiser que si la Russie cherche à respecter les intérêts économiques des États africains et à ne pas chercher à faire comme les partenaires traditionnels du continent», explique l’expert à Sputnik.
Comment s’enraciner sur le marché africain
Il signale cependant que des produits d’origine russe pourraient prendre pied sur le marché africain à condition de présenter un avantage compétitif par rapport aux produits concurrents.
Étant donné l’intérêt en Afrique pour toute sorte de biens, «il revient aux entreprises russes de choisir la cible pour le positionnement de leurs produits sur les marchés du continent».
Victorien Aloma estime que la Russie devra comprendre que les pays occidentaux l’ont toujours perçue comme un adversaire et non comme un partenaire et qu’elle doit donc chercher ailleurs ses alliés.
Les BRICS comme porte s’ouvrant sur l’Afrique
Selon lui, sa coopération au sein des BRICS revêt pour Moscou une grande importance.
«La montée en puissance des BRICS serait effective à condition que les pays membres du bloc renouent avec leurs objectifs initiaux. Cependant, la Banque de Développement de ce bloc doit savoir jouer le rôle qui lui revient en tant qu’Institution économique et financière internationale pour la concrétisation d’un monde multipolaire et l’instauration d’un nouvel ordre géopolitique», conclut l’expert.
«À travers la coopération économique dans le cadre des BRICS, la Russie pourra davantage renforcer sa présence non seulement sur le continent africain, mais aussi dans les autres pays du monde».