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Renewpac : une vision d’avenir partagée entre libéraux européens et africains
Les rideaux sont tombés sur la conférence annuelle de RENEWPAC. Tenues du 4 au 6 décembre dernier à Marrakech (Maroc), ces assises ont permis aux libéraux africains et européens de baliser la voie à une vision commune du futur. Ces travaux ont, à cet effet, bénéficié de l’apport significatif de nombre de participants dont un délégué de la République démocratique du Congo, en l’occurrence Olivier Kamitatu, qui a représenté »Ensemble pour la République », le parti de Moïse Katumbi.
Créé en juin 2019, le groupe libéral européen RENEW regroupe 103 eurodéputés, tous issus des partis qui prônent le libéralisme, le social-libéralisme et le fédéralisme européen. Grâce à son influence croissante, il a réussi à s’imposer comme la troisième force indispensable à la constitution d’une majorité, d’autant qu’il se positionne juste après le Parti Populaire (176 députés) et le Parti Socialiste Européen (145 députés).
RENEW a été constitué, à la base, des députés du Groupe de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ALDE), où l’on retrouve des partis qui ne souhaitaient pas la mention du Libéralisme dans leur nom. Le cas notamment du Parti Renaissance du Président français Emmanuel Macron. Pour le moment, c’est curieusement Stéphane Séjourné (37 ans), fraîchement élu Secrétaire général du parti de Macron, qui préside le groupe RENEW, où l’on retrouve de grandes figures comme l’ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt.
Privilégier les priorités politiques communes
Au cœur de la conférence annuelle, RENEWPAC – la famille politique Renew Europe, avec les partis libéraux du Pacifique, d’Afrique et des Caraïbes – s’est engagé à travailler avec ses alliés. Déterminé notamment à développer un programme concret et cohérent, basé sur des valeurs et des priorités politiques partagées pour construire un partenariat plus fort dans l’intérêt de l’Europe, de l’Afrique et des Caraïbes. RENEWPAC s’est, en outre, engagé fermement à renforcer la coopération avec le Réseau libéral africain et l’Internationale libérale.
Au cours de cette conférence, les participants ont focalisé leurs discussions sur le développement économique durable, sur la prospérité pour les citoyens et pour les générations futures. Ils se sont appesantis aussi sur la solidarité, la paix et la sécurité, ainsi que sur la protection des droits de l’homme pour tous. L’occasion a été également propice pour aborder des sujets relatifs au respect des principes démocratiques, à la bonne gouvernance et à l’État de droit, au changement climatique et à la lutte contre les inégalités, à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes.
COP27, la déception des Africains

Au cours de ces journées, la Présidente de l’Internationale Libérale, Mme Hakima El Haïte, s’est interrogée sur les retombées de la COP27. Une préoccupation partagée aussi bien par les eurodéputés irlandais Barry Andrews et français Maw Orville, que par le Vice-Président de l’Internationale Libérale, le Dr. Phil Bannon, et Olivier Kamitatu, le Conseiller Spécial de l’Internationale Libérale pour les questions africaines.
A la suite de Mme Hakima El Haïte, ancienne ministre marocaine de l’Environnement et un des artisans de l’Accord de Paris sur l’environnement, Olivier Kamitatu n’a pas mâché ses mots. « Les Africains sont repartis amers et désabusés de la COP27« , a martelé le porte-parole et directeur de cabinet de Moïse Katumbi.
Aux dires d’Olivier Kamitatu, « l’Afrique contribue à 3% des émissions annuelles de CO2, alors que le bassin du Congo, à lui seul, absorbe 4% des émissions globales. Les Africains ont donc un bilan net positif. Or, à ce jour, ils sont les laissés-pour-compte des pays du Nord et les principales victimes du changement climatique qui conduit à des bouleversements et des catastrophes majeures« .
Relever le défi de l’industrialisation
L’ancien président de l’Assemblée Nationale de la République démocratique du Congo n’a pas manqué de rappeler qu’à la fin du siècle, l’Afrique va disposer de la jeunesse la plus dynamique du monde. Avec notamment une démographie qui permettra au continent d’avoir une démographie qui oscille autour de 4 milliards d’Africains.
« Dès lors, s’interroge Olivier Kamitatu, peut-on indéfiniment priver le Continent africain d’électricité sous prétexte d’éviter l’utilisation des ressources fossiles dont l’Afrique regorge? » « L’Afrique, souligne-t-il, doit relever le défi de l’industrialisation et de la transformation, sur son sol, de ses propres ressources naturelles abondantes. Elle doit également relever le défi de la sécurité alimentaire qui se pose avec acuité notamment en RDC, où 27 millions de Congolais sont confrontés à la faim« .
Le M23, l’Ukraine… au cœur du débat
Outre le dossier écologique, les participants à la conférence annuelle de RENEWPAC se sont appesantis sur les questions sécuritaires. Lord John Alderdice et le ministre ivoirien des Ressources halieutiques, Sidi Touré, ont alimenté la discussion sur la paix et la sécurité. Un débat enrichi par les interventions de l’ancien ministre congolais Medard Mulangala et des députés européens Javier Nart, Petras Austrevicius, et de l’Ukrainienne Svetlana Tsikhanouskaya.
L’évolution du conflit en Ukraine et ses conséquences sur la vie quotidienne a préoccupé davantage les Européens. Les Africains, pour leur part, se sont étalé la situation dramatique que traversent plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, ravagés par la guerre, le terrorisme et les coups de forces militaires.
Saisissant la balle au bond, Médard Mulangala a évoqué la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC où des millions de Congolais sont victimes d’une guerre d’agression, fomentée par les pays voisins qui utilisent le M23 pour occuper le territoire national congolais et exploiter illégalement les ressources dont regorge le pays.
Renforcer les liens entre Européens et Africains
Outre la paix et le changement climatiques, les responsables libéraux d’Afrique et d’Europe ont abordé les problématiques liées à la pandémie du COVID-19, à la sécurité alimentaire, au commerce international, aux migrations, au renforcement du rôle de la femme et de la jeunesse. Une déclaration finale a, à cet effet, été adoptée. Elle précède la publication imminente d’un manifeste des libéraux européens et africains en cours d’élaboration.
Pour sa part, la Présidente de l’Internationale Libérale, Mme Hakima el Haïte, a plaidé pour une Afrique responsable, capable de relever la tête et de faire face à la posture égoïste des pays du Nord. Selon elle, les Africains doivent aborder la question du financement de façon radicalement différente, en se positionnant en partenaires et en solutions aux problèmes soulevés par le Nord.
« Il est de notre responsabilité de nous impliquer auprès de nos partenaires libéraux sur le continent africain. Nous le devons à notre histoire, nous le devons à notre jeunesse, nous le devons à nous-mêmes« , a réagi à ce propos Jan-Christoph Oetjen (FDP, Allemagne), coprésident européen de RENEWPAC.
« Notre famille libérale peut accomplir tant de choses, avec le respect des valeurs au cœur de notre identité. L’ADN libéral est un ADN européen, c’est un ADN africain. Il n’y a pas de meilleur moment qu’aujourd’hui pour renforcer nos liens avec nos partenaires africains« , a-t-il conclu. Yves KALIKAT