Dernière minute
Société
" Ce n'est pas l'âge qui procure la sagesse !", enseigne cette sagesse biblique qu'un anonyme a voulu bien nous rappeler. Ce verset biblique est tiré du 9ème verset, chapitre 32ème du livre de Job.
Trois versions en parlent: " Ce n'est pas l'âge qui procure la…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Les contours de l'entrée inaugurale de la République démocratique du Congo sur le marché international des capitaux, couronnée par une levée de fonds à hauteur de 1,25 milliard de dollars étaient…
Étranger
La République de l’Équateur a réaffirmé, vendredi, son soutien à l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc en 2007, la qualifiant de la seule solution sérieuse, crédible et réaliste au…
Nation
Une quinzaine de migrants expulsés des États-Unis ont atterri aux premières heures de ce vendredi 17 avril à Kinshasa, selon leur avocate. Cette opération s’inscrit dans le cadre des accords…
Réagissant à la pétition déposée contre son 2ème vice-président, le Sénat convoque une plénière ce mercredi pour la mise en place d'une commission spéciale
La tempête politique déclenchée par les propos de Modeste Bahati Lukwebo sur la Constitution continue de secouer la chambre haute. Ce mercredi 18 mars, le Sénat se réunit en plénière pour décider de la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition introduite contre son deuxième vice-président. Malgré un mea culpa public et un affichage renouvelé de loyauté envers le chef de l’État, la contestation n’a pas désarmé.
Au Sénat, l’affaire Bahati a franchi un seuil critique. Ce qui n’était au départ qu’une controverse politique s’est transformé en véritable procédure parlementaire.
Le bureau de la chambre haute a convoqué une séance plénière ce mercredi 18 mars à 13 heures afin de statuer sur la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition visant son deuxième vice-président, Modeste Bahati Lukwebo.
L’annonce figure dans un communiqué officiel signé à Kinshasa par la rapporteure du Sénat, Néfertiti Ngudianza Bayokisa Kisula, invitant l’ensemble des sénateurs à prendre part à cette séance jugée décisive.
À l’ordre du jour : un seul point, mais politiquement explosif la création d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition introduite contre l’un des membres du bureau de la chambre haute.
La phrase de la tempête: «Le pays n’a pas un problème de textes, le pays a un problème d’hommes».
L’origine de la crise remonte à la conférence de presse du 4 mars courant. Ce jour-là, Modeste Bahati Lukwebo s’était prononcé sur la question hautement inflammable de la révision ou du changement de la Constitution, un sujet sensible dans le débat politique en République démocratique du Congo.
Réagissant à la thèse défendue notamment par Evariste Boshab et André Mbata, selon laquelle la Constitution mériterait d’être revisitée après dix-sept ans d’existence, il avait lancé une formule devenue virale dans le débat politique :
«Le pays n’a pas un problème de textes, le pays a un problème d’hommes».
Puis, dans une réplique frontale aux partisans de la révision constitutionnelle :
«Il ne faut pas se dire que la Constitution a dépassé 17 ans. Qu’on nous dise plutôt sur quelle théorie scientifique se base cette exigence».
Une sortie jugée trop tranchante par certains sénateurs, d’autant plus sensible qu’elle émanait d’un membre du bureau du Sénat.
Dans les rangs de l’Union Sacrée de la Nation, la réaction fut immédiate. Le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, Augustin Kabuya Tshilumba, avait répliqué sans détour:
«Alors au nom de quel principe le régime de l’UDPS serait-il menacé lorsqu’il évoque la possibilité de toucher à cette Constitution ? Soyez calmes. Nous allons toucher cette Constitution».
Mea culpa, fidélité affichée… mais crise persistante
Face à l’onde de choc, Modeste Bahati Lukwebo avait tenté d’éteindre l’incendie politique en présentant publiquement ses excuses, notamment à l’endroit du président de la République, Félix Tshisekedi.
Ce dernier, fidèle à sa posture de garant des institutions, est resté en retrait, évitant toute immixtion dans les affaires internes du Parlement. Une ligne de conduite déjà observée dans des épisodes politiques antérieurs impliquant Constant Mutamba ou encore Vital Kamerhe, lorsqu’il présidait l’Assemblée nationale.
Entre-temps, Modeste Bahati Lukwebo avait également consolidé sa position politique interne : lors du congrès de son parti, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés, il a été reconduit à sa tête pour un nouveau mandat de cinq ans. À cette occasion, il avait réaffirmé publiquement son soutien au chef de l’État et à sa vision politique.
Mais ni les excuses, ni cette démonstration de loyauté politique n’auront suffi à désamorcer la fronde parlementaire.
Dans les coulisses du Parlement, la contestation a poursuivi sa progression. La pétition visant la position de Modeste Bahati Lukwebo au bureau du Sénat a continué de circuler, engrangeant des signatures. Preuve que la crise dépasse désormais la simple controverse verbale.
Pour certains sénateurs, la question n’est plus seulement politique, mais institutionnelle : un membre du bureau peut-il tenir publiquement des positions aussi clivantes sans engager l’image de l’institution ?
Une commission spéciale pour trancher
Face à la pression interne, le bureau du Sénat a donc enclenché la procédure prévue par les textes.
Si elle est entérinée lors de la plénière de ce mercredi, la commission spéciale aura pour mission d’examiner la pétition et d’en apprécier la recevabilité.
Ses conclusions pourraient orienter la suite du processus parlementaire de simples recommandations politiques à des mesures plus lourdes visant l’un des dirigeants de la chambre haute.
Au-delà du cas personnel de Modeste Bahati Lukwebo, cette affaire illustre la tension extrême qui entoure toute discussion sur la Constitution en République démocratique du Congo.
Et au Sénat, une évidence s’impose désormais : la déflagration politique provoquée le 4 mars n’a pas encore fini de produire ses secousses.
Jérémie ASOKO