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REAGISSANT HIER AU COURS DU BRIEFING PRESSE AUX PROPOS DU CONGRESMAN AMERICAIN, Patrick Muyaya : "Les propos de Ronny Jackson relèvent de ses opinions personnelles"
Calme mais offensif, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi aux propos polémiques peu amicaux à l'endroit des autorités Rd congolaises tenus par Ronny Jackson, membre du Congrès américain, qui se serait fait passer pour un envoyé spécial du président américain en Afrique Centrale. Devant les hommes et femmes des médias, Patrick Muyaya a fait savoir que les États-Unis n'ont jamais remis en cause les limites frontalières de la RDC comme insinué par Ronny Jackson.
Le sujet a fait le chou gras de la presse ces dernières 48 heures. Rentré d'une mission en RD Congo, au Rwanda et dans quelques autres pays d'Afrique, Ronny Jackson, président de la sous-commission des services armés à la Chambre des représentants, a critiqué durement, devant une commission du Congrès, le gouvernement Rd congolais.
Le parlementaire américain a affirmé qu'il n'y a pas de "réelle opposition " contre le groupe rebelle M23 et que ce dernier ne déposera pas les armes.
Mais ce n'est pas tout. Estimant que Kinshasa n'est pas en capacité de faire régner l'autorité de l'Etat dans l'est du pays, Ronny Jackson aurait eu l'audace de proposer le partage des bénéfices économiques des ressources naturelles de la RDC avec l'Ouganda, le Burundi et le Rwanda.
Devant des déclarations aussi controversées sur la crise sécuritaire dans l'Est du pays, l'ambassade américaine à Kinshasa est intervenue, dévoilant l'imposture.
"L'ambassade voudrait clarifier que Monsieur Ronny Jackson est un représentant élu du Congrès américain et n'est pas un envoyé spécial, qui est une position nommée par le Président et confirmée par le Sénat. Il est venu à Kinshasa en tant que membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants (ainsi que du sous-comité de l'Afrique). Ni l'ambassade, ni le Département d'État ne l'ont jamais appelé par ce titre avant, pendant ou après sa visite", a-t-elle démenti dans un communiqué.
S'exprimant sur le sujet à la suite d'une question d'un journaliste, le Porte-parole du gouvernement a indiqué que ce que Ronny Jackson a dit n'engage nullement l'administration américaine.
" Ce que Ronny Jackson a dit relève de ses opinions personnelles. Ce qu'il a dit n'engage nullement le gouvernement américain. Nous avons à plusieurs reprises eu des discussions, que ce soit au niveau de la Maison Blanche ou du département d'État, il n'a jamais été question d'aucune manière de penser qu'on pouvait remettre en question ou faire un quelconque débat sur les limites frontalières ou territoriales de la RDC ", a déclaré Patrick Muyaya, au cours du briefing animé conjointement avec le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila.
Dans son intervention, le ministre de la Communication et Médias a insisté sur le fait que le gouvernement congolais et l'administration américaine sont en discussion sur de nombreux sujets et que Washington n'a jamais remis en cause la souveraineté de la RDC.
"Pour preuve, le premier appel en janvier entre le Secrétaire d'État américain et le président de la République, Félix Tshisekedi, parle de la souveraineté de la RDC. Et vous avez suivi que le même gouvernement américain a pris des sanctions contre James Kabarebe, qui est ministre d'État au Rwanda, considéré comme l'architecte de la guerre dans l'Est", s'est exprimé le porte-parole du Gouvernement.
Patrick Muyaya a expliqué à haute et intelligible voix que le gouvernement américain n'a rien à voir avec la position notoirement partisane de Ronny Jackson.
" La position de Ronny Jackson n'engage en rien le gouvernement américain, avec qui nous sommes en discussion sur des sujets variés et divers. J'ai aussi vu qu'on parle des minerais. On vous a déjà démontré ici que la question pour laquelle on nous fait la guerre dans l'Est, c'est parce que nous voulons justement améliorer la gouvernance, apporter la transparence. Nous n'avons jamais dit que tout était parfait. Il faut voir depuis combien de temps cette violence persiste dans cette partie du pays, ce n'est pas depuis l'arrivée aux responsabilités du Président Tshisekedi …", a indiqué Patrick Muyaya.
Didier KEBONGO
Communiqué de l'ambassade des États-Unis à Kinshasa
L'ambassade voudrait clarifier que Monsieur Ronny Jackson est un représentant élu du Congrès américain, et n'est pas un envoyé spécial, qui est une position nommée par le président et confirmée par le Sénat. Il est venu à Kinshasa en tant que membre de la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants (ainsi que du sous-comité de l'Afrique). Ni l'ambassade, ni le Département d'Etat ne l'ont jamais appelé par ce titre avant, pendant, ou après sa visite.